Centre du Nigeria : au moins 20 morts lors d’affrontements communautaires

Au moins 20 personnes ont été tuées vendredi soir lors d’affrontements entre les communautés kambari et peule dans le village de Kokoli, situé dans la zone de gouvernement local de Borgu, dans l’Etat du Niger, au centre du Nigeria, ont indiqué des sources locales à l’AFP samedi matin.

L’État du Niger se situe dans une vaste région du centre et du nord-ouest du Nigeria qui, depuis des années, est terrorisée par des bandes de voleurs de bétail et de ravisseurs, localement appelés « bandits », qui attaquent différentes communautés, tuent des habitants et pillent les maisons.

Ces dernières années, des groupes jihadistes menant une insurrection depuis dix-sept ans dans le nord-est du pays se sont également établis dans l’État du Niger, région agricole mais aussi riche en or. La coopération ponctuelle entre « bandits » et jihadistes suscite l’inquiétude des observateurs.

« Il y a eu un affrontement intercommunautaire vendredi dans le village de Kokoli. Il a opposé les Kambari et les Peuls, et a fait plus de 20 morts », a déclaré à l’AFP Aliyu Usman, un habitant.

Jafar Muhammad, député de la circonscription de Borgu, a également confirmé l’incident et appelé au déploiement de forces de sécurité conventionnelles pour endiguer les violences.

« Plus de 20 personnes ont été tuées vendredi, et ces meurtres auraient été perpétrés par des milices locales », a déclaré M. Muhammad à l’AFP.

Il a qualifié ces violences de conflit intercommunautaire touchant plusieurs groupes ethniques de la région et a exhorté les autorités à déployer des forces de sécurité.

« Nous avons besoin de la présence de forces de sécurité lourdement armées pour maîtriser la situation », a-t-il réclamé.

Le recrutement de Peuls (appelés Fulanis au Nigeria) par des groupes jihadistes dans le Sahel voisin a déclenché des représailles meurtrières, exercées par les forces gouvernementales et des milices, contre des civils peuls.

En mai, une milice nigériane opérant aux cotés de l’armée, ainsi que des miliciens venus du Bénin voisin, ont tué une quarantaine d’éleveurs peuls, accusés d’être des informateurs du groupe jihadiste Ansaru, dans la circonscription de Borgu.

Selon les spécialistes, ces représailles pourraient se retourner contre leurs auteurs en poussant certains Peuls à rejoindre des groupes jihadistes pour assurer leur propre sécurité.

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