Tour de France : Schmid remonte le temps

Un après avoir été battu sur le fil à Toulouse, le Suisse Mauro Schmid a offert à la Suisse sa première victoire sur le Tour de France en six ans vendredi à Belfort où Tom Pidock, présent dans la même échappée, a effectué un beau rapproché au classement général.

En franchissant la ligne, le coureur de Jayco-AlUla a subitement levé son vélo pour se fendre d’une magnifique roue arrière, un geste acrobatique osé pour lancer les célébrations alors qu’il était encore à la lutte avec le Colombien Harold Tejada pour se disputer la victoire au sprint.

Mais cette fois, elle n’allait pas lui échapper, un après avoir cédé de justice à Toulouse face à Jonas Abrahamsen dans un match à deux déjà, un vrai crève-cœur à l’époque, pour signer à 26 ans sa première victoire sur le Tour. La première pour une Suisse depuis Marc Hirschi en 2020.

« J’ai travaillé extrêmement dur pour cette victoire. L’an dernier, j’étais si proche », a réagi le solide coursier de Bülach, ville du canton de Zurich.

Son directeur sportif, Mathew Hayman, était presque plus content que son coureur, un « gars très intelligent qui n’arrive pas en retard parce qu’il est Suisse mais jamais en avance non plus ».

« Quand tu passes aussi près d’une victoire sur le Tour de France, tu ne sais pas si tu retrouveras un jour une telle occasion. Aujourd’hui il a montré toute sa classe », a insisté Hayman.

Mais, comme tout dans ce Tour, rien n’aura été facile pour Schmid dans l’étape la plus longue (205 km) de ces trois semaines, avalée à la moyenne ahurissante de 50 km/h alors qu’un col de neuf kilomètres, le Ballon d’Alsace, était au programme.

– « On volait » –

« On volait », un résumé de Tadej Pogacar qui a coupé la ligne au sein du peloton avec 7:33 de retard sur le vainqueur du jour. Le maillot jaune possède toujours 3:36 d’avance sur Jonas Vingegaard avant les deux étapes de montagne du week-end dans les Vosges et les Alpes.

Dans la longue portion plaque au départ de Dole, une échappée monstre de 57 coureurs s’est dégagée après la jonction de deux groupes comprenant à la fois des sprinteurs alléchés par le sprint intermédiaire et de solides baroudeurs intéressés par la victoire.

En haut du Ballon d’Alsace, noir de monde, ils n’étaient plus que neuf, bientôt rejoints par Tim Wellens, dont trois Français : Kévin Vauquelin, Jordan Jegat, Clément Braz Afonso, Luke Plapp, Brandon McNulty, Maxim van Gils, Harold Tejada, Mauro Schmid et Tom Pidcock, le mieux placé de l’échappée au départ de l’étape (10e à 11:49 du maillot jaune).

Finalement troisième à Belfort, le Britannique remonte à la quatrième place du général, sans représenter à ce stade une vraie menace pour le podium. Il visitait d’ailleurs d’abord la victoire d’étape et il a tout fait pour l’avoir, en multipliant les attaques, en vain.

Comme Vauquelin ou Jegat, également très offensifs dans la finale, Pidcock s’est fait piéger par Schmid et Tejada qui sont partis seuls à 15 km de l’arrivée dans la longue descente vers Belfort où les deux hommes ont joué au chat et à la souris avant que le Suisse, plus rapide, ne s’impose logiquement, malgré un début de crampes.

– « On l’attendait tellement » –

« C’était une journée procurer difficile. On était motivés avec toute l’équipe pour être dans l’échappée. On a déjà essayé plein de fois ces derniers jours et jusqu’ici ça n’avait pas marché. Je me suis senti vraiment bien. Et les gars sont revenus de l’arrière, donc j’ai pu rester dans les roues. C’était quasiment parfait », a savouré le Suisse qui a pu compter sur trois coéquipiers super solides à l’avant, offrant à Jayco-AlUla plusieurs options tactiques, avec Ben O’Connor, Luke Plapp et Michael Matthews.

Ce dernier a été admirable de courage dans le Ballon d’Alsace pour signer son retour dans la lumière après plusieurs blessures graves ces deux dernières années. « Cette victoire, on l’attendait tellement, at-il dit. C’est ce qu’on cherchait depuis le premier jour, sur une équipe tellement forte ici. Je suis fier que Mauro ait mis au fond pour nous. »

Pour la Suisse, c’est une libération, six ans après. La France, malgré les tentatives de Vauquelin et Jegat, attend, elle, toujours sa première victoire dans cette 113e édition, la journée s’étant montrée trop difficile pour Romain Grégoire, le régional de l’étape.

Il lui reste huit étapes pour ne pas repartir bredouille, ce qui ne lui est arrivée qu’à deux reprises, en 1926 et en 1999.

AFP

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