Le gouvernement congolais a interdit les rassemblements de masse dans la capitale Kinshasa et trois autres provinces, en invoquant le risque de propagation de l’épidémie d’Ebola, alors qu’une manifestation de l’opposition est prévue la semaine prochaine, selon un document consulté mardi par l’AFP.
La République démocratique du Congo (RDC) est en proie à une 17e épidémie de maladie Ebola déclarée le 15 mai. La crise sanitaire, dont l’ampleur réelle est encore difficile à mesurer, touche quatre provinces du nord-est du vaste pays d’Afrique centrale. Le dernier bilan officiel fait état de 1.274 cas et 360 décès. Aucun cas de transmission n’a été signalé à Kinshasa, mégalopole de plus de 17 millions d’habitants.
Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dans un courrier consulté par l’AFP et daté de samedi, a ordonné aux autorités de la province de Kinshasa et de trois autres provinces d’interdire les « attroupements de masse » afin « d’éviter toute contamination de l’épidémie à virus Ebola ».
Le courrier ne précise pas si le rassemblement de l’opposition prévu le 8 juillet tombe sous le coup de cette interdiction.
A plus de deux ans de la prochaine élection présidentielle, la tension entre le pouvoir et les opposants en RDC est montée d’un crâne avec une proposition de loi encadrant un référendum qui porterait sur une révision de la Constitution et ouvrirait la voie à un troisième mandat au président Félix Tshisekedi.
Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 63 ans, arrivera au terme de son deuxième mandat fin 2028. La Constitution congolaise place la limite à deux quinquennats.
Le projet de loi référendaire a été adopté mi-juin par le Parlement, où l’alliance présidentielle est ultra-majoritaire. Le chef de l’Etat doit se prononcer prochainement sur sa promulgation.
Le 12 juin, un rassemblement de l’opposition à Kinshasa pour dénoncer une tentative de « coup d’Etat constitutionnel » a été réprimé. Plusieurs opposants ont été blessés lors d’affrontements avec des militants pro-gouvernement et la police. Les Nations unies ont condamné la mort d' »au moins un manifestant ».
Le 8 juillet, l’opposition appelle les Congolais à descendre dans la rue pour réclamer la démission de M. Tshisekedi.
Jacquemain Shabani a déclaré lundi dans la presse locale qu’un tel appel constituait « un acte de haute trahison ».

