Au son des tam-tam, djembés et instruments traditionnels, les Lebougui, un groupe de supporters sénégalais, dansent et chantent en wolof: « La victoire est pour qui? Sénégal ». Mais cette année, ces fans soutiendront les Lions de la Teranga pour le Mondial depuis les fan zones de Dakar, et non dans les gradins des stades nord-américains.
Comme d’autres groupes officiels de supporters sénégalais, les Lebougui se rendent habituellement par dizaines pour soutenir les Lions de la Teranga lors de grandes compétitions, au frais de l’Etat.
« Depuis que le Sénégal participe à la Coupe du monde, c’est la première fois que nous n’envoyons pas de délégation en raison des contraintes liées à l’octroi des visas par les États-Unis », a déploré auprès de l’AFP Ndèye Dome Thiouf, conseillère chargée de la communication au ministère des Sports.
« Personnellement, je suis déçu. Je pense qu’organiser une Coupe du monde ne devrait pas causer autant de problèmes », regrette Pape Mass Gueye, président des Lebougui, dont le visa a été refusé.
Pour garnir les gradins, l’Etat a décidé de distribuer 400 billets par match des Lions de la Teranga à des ressortissants sénégalais déjà présents sur le territoire américain.
– « Coupe du monde à moitié » –
Les difficultés affectent également les journalistes sénégalais qui devaient couvrir le mondial. La plupart d’entre eux ont obtenu des visas mais « la situation reste toujours complexe puisqu’ils n’ont droit qu’à une seule entrée sur le territoire des Etats-Unis », déplore Abdoulaye Thiam, président de la section Afrique de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS).
Une situation qui empêchera ces journalistes sénégalais de se rendre au Canada pour suivre le troisième match de poule du Sénégal, le 26 juin face à l’Irak au stade de Toronto (21h00), sous peine de ne pouvoir revenir ensuite aux États-Unis pour la suite de la compétition.
Ce match contre l’Irak sera le seul que Mamadou Koumé pourra couvrir lors de la phase de groupes. L’ancien président de l’Association nationale de la presse sportive du Sénégal (ANPS), qui a suivi tous les Mondiaux du Sénégal, a obtenu un visa pour le Canada mais s’est vu opposer un refus par l’ambassade des Etats-Unis.
« Ce sera une Coupe du monde à moitié », regrette-t-il. « L’universalité de la Coupe du monde est mise à mal dans cette édition », déplore le journaliste, auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire des Lions de la Téranga.
À ces restrictions d’entrée s’ajoute le coût élevé de la compétition, notamment l’hébergement et les transports alors que le Mondial se joue sur trois pays. « Compte tenu de la cherté de cette Coupe du monde, certains journalistes sénégalais ont décliné leur participation », observe Abdoulaye Thiam.
AFP
