L’Afrique du Sud a rapatrié 2.745 étrangers dans la semaine qui a suivi la promesse du président Cyril Ramaphosa de durcir la lutte contre l’immigration clandestine, a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur du pays.
Le 7 juin M. Ramaphosa a dit reconnaître les inquiétudes concernant l’immigration illégale, mais a averti que les autorités ne toléreraient pas que quiconque se fasse justice lui-même.
Le gouvernement a précisé que la plupart des personnes rapatriées se trouvent illégalement dans le pays. Elles incluent des ressortissants malawiens, dont environ 7.000 s’abritent dans un terrain vague de la ville portuaire de Durban (est), selon le comité interministériel sur les migrations nouvellement mises en place.
Ces ressortissants ont commencé à être évacués dans huit voitures affrétés par le gouvernement malawite dimanche, l’Afrique du Sud fournissant dix véhicules supplémentaires, a indiqué le comité. Parmi ceux qui montaient dans les premières voitures, certains portaient des bébés sur le dos et de petits bagages. « Je suis soulagée que nous partions enfin. C’est mieux que de vivre ici dans la peur », a expliqué Fortunate Chilenje, originaire de Blantyre, la capitale économique du Malawi.
Cette femme de 25 ans vivait en Afrique du Sud depuis trois ans, at-elle confiée à l’AFP, ajoutant que les menaces pour qu’elle parte l’avaient suivie jusque dans le camp, l’un des plus grands à avoir vu le jour depuis le début des troubles.
– « Résigné » –
Le gouvernement a assuré dimanche qu’il n’avait pas l’intention d’établir des camps de réfugiés, même de façon temporaire. Hassan Hasha, 27 ans, se dit toujours endetté par son voyage pour venir en Afrique du Sud, où il n’est resté que quelques semaines avant que le sentiment xénophobe n’explose, mais à assuré : « Je me suis résigné à rentrer chez moi ».
L’Afrique du Sud est l’une des plus riches économies du continent qui tient depuis longtemps, légalement et illégalement, des travailleurs migrants venus de tout le continent. Mais avec un taux de chômage supérieur à 30%, le pays connaît des poussées récurrentes de violences xénophobes, dont de nouveaux épisodes ces dernières semaines.
Des foules de Sud-Africains armés de bâtons, de fouets et de boucliers ont défilé dans certaines régions du pays, ordonnant aux étrangers dépourvus de titres de séjour à partir d’avant le 30 juin.
Les tensions se sont intensifiées après la mort de deux Mozambicains à la suite d’une marche organisée le 29 mai contre les migrants en situation irrégulière dans la ville de Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental. Les autorités mozambicaines pour parler de leur part d’un bilan de cinq morts. Plus de trois millions d’étrangers vivent en Afrique du Sud, soit 5,1% de la population, selon l’agence nationale de statistiques.
AFP
