L’Institut Pasteur de Dakar (IPD) a réussi le séquençage des 40 premiers génomes humains entiers au Sénégal, une étape majeure dans le développement de la génomique clinique et de la santé de précision dans le pays et dans la région, ouvrant notamment la voie à une détection précoce des cancers, principalement celui du sein, a appris l’APS de source officielle, samedi.
‘’Cette réalisation positionne le Sénégal parmi un nombre croissant de pays africains, notamment l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria et la Tunisie, qui font progresser les technologies génomiques de nouvelle génération au service de la recherche biomédicale et de l’innovation en matière de santé’’, indique l’IPD dans un communiqué.
Pour y arriver, l’Institut Pasteur de Dakar a mis à profit son expertise de longue date en génomique des agents pathogènes et des vecteurs, en bioinformatique, en diagnostic biomédical et en systèmes de laboratoire avancés, pour déployer des technologies de séquençage de pointe, notamment les plateformes Illumina (NovaSeq) et Oxford Nanopore Technologies, indique la source.
Elle rappelle que la première ébauche du génome humain a été publiée en 2001, et le premier génome humain séquencé sur le continent africain a été réalisé en 2013 par l’Université de Stellenbosch, en Afrique du Sud, soulignant que cette réalisation constitue l’une des premières initiatives à grande échelle en Afrique utilisant une double technologie de séquençage pour les génomes humains entiers.
Un génome humain de référence complet n’a été finalisé qu’en 2022.
Cette plateforme génomique permettra à l’Institut Pasteur de Dakar de développer de nouveaux outils diagnostiques, de favoriser la détection précoce des maladies et de contribuer à l’essor de la médecine de précision au Sénégal.
Dans un premier temps, la plateforme sera axée sur la détection précoce des cancers, en commençant par le cancer du sein, avec l’ambition de s’étendre à d’autres types de cancers à l’avenir. Au-delà des avancées en laboratoire et en recherche, l’IPD renforce également sa réponse communautaire face à la charge croissante des cancers féminins au Sénégal, fait-on valoir.
Le communiqué mentionne qu’en en collaboration avec les acteurs nationaux de la santé, l’Institut a activement soutenu les efforts de prévention et de détection précoce du cancer, notamment par la distribution de bons de dépistage du cancer du col de l’utérus en partenariat avec la LISCA et les autorités sanitaires du district de Touba en 2024 et 2025.
Il a également contribué aux campagnes nationales de sensibilisation à la vaccination contre le VPH aux côtés du Ministère de la Santé dans plusieurs régions du Sénégal, renforçant ainsi la prévention comme pilier essentiel de la lutte contre le cancer.
Parallèlement, l’Institut mène plusieurs initiatives de recherche visant à améliorer le dépistage et le diagnostic précoce du cancer, notamment des études à grande échelle sur les cancers féminins, qui cherchent à renforcer l’accès à des approches innovantes de dépistage, à optimiser la stratification du risque et à améliorer la détection précoce des cancers au sein de la population sénégalaise.
Ces interventions scientifiques et communautaires combinées témoignent de l’approche intégrée de l’IPD, qui relie la recherche génomique de pointe à un impact concret sur la santé publique, estime la structure.
APS
