Des dizaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées et blessées samedi par des avions militaires qui poursuivaient des jihadistes dans l’État de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué dimanche des habitants et l’ONG Amnesty International.
Au cours des 10 derniers jours, plus de 100 personnes ont été tuées dans le nord du pays par des jihadistes et des bandes criminelles, appelées « bandits », qui ont intensifié depuis l’an dernier leurs raids contre des bases militaires et des villages dans ces régions proches du Sahel.
Les frappes aériennes de l’armée nigériane ont déjà coûté la vie à des civils par le passé. Les enquêtes qui s’ensuivent n’aboutissent généralement à aucun résultat concret.
– Enquête sur les victimes civiles –
Le nombre de victimes des frappes a eu lieu samedi dans le village de Jilli, dans l’État de Yobe, diffère selon les sources. Amnesty International a avancé un bilan de « plus de 100 morts » et « 35 personnes grièvement blessées » dans une publication sur X. Un rapport de sécurité, préparé pour l’ONU et consulté par l’AFP, évoque au moins « 56 personnes mortes et 14 autres blessées » par quatre avions de chasse, tandis que Lawan Zanna Nur, un chef local, parle d’environ « 200 morts et blessés ».
« Les blessés ont été transportés vers les hôpitaux de Geidam et de Maiduguri. Nous parlons de dizaines de morts, mais il est difficile de donner un bilan précis », a ajouté M. Nur.
Dans un communiqué publié dimanche sur X, l’armée nigériane a indiqué avoir mené une frappe à Jilli, sans préciser le nombre de victimes. Selon elle, cette zone est depuis longtemps connue pour être « un important couloir de déplacement terroriste et un point de convergence pour les terroristes de l’ISWAP et leurs collaborateurs ».
« Le 11 avril 2026, plusieurs rapports ont signalé des déplacements de pick-up armés et de motos de l’ISWAP le long de cet axe », a-t-elle ajouté.
Suite aux allégations de victimes civiles lors du bombardement, « le chef d’état-major de l’armée de l’air a ordonné l’activation immédiate de la cellule d’enquête sur les dommages causés aux civils » pour « vérifier ces accusations », selon un autre communiqué de l’armée diffusé plus tard.
AFP