Le Journal Le Monde a encore joué les prolongations dans l’interminable finale polémique de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 disputée le 18 janvier 2026 au Complexe du Prince Moulay Abdellah de Rabat. Le canard est revenu dans son édition du 5 avril, au lendemain même des festivités de l’indépendance du Sénégal, avec un message fort de la jeunesse au défilé qui réclame, « Rendez nous nos 18 supporters, pris en otage », à Thiès en présence des autorités étatiques et des corps diplomatiques, sur les cinq rapports officiels rendant compte du déroulement de la finale de la Coupe d’Afrique des nations, le 18 janvier, dont on ne connaît toujours pas le vainqueur. Pour le journal français, »la Confédération africaine de football barguigne et ses commissions se contredisent ».
Celui-là raconte que cette nuit-là, en même temps qu’une pluie battante, le chaos et la fureur se sont invités sur la pelouse de Rabat. Il a suffi d’une étincelle pour que cette finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) emporte joueurs, supporteurs, staffs techniques et même journalistes dans une folie soudaine et irrépressible. »Le 18 janvier, dans le stade Prince-Moulay-Abdellah, le Sénégal terrassait le Maroc (1-0) et privait le pays hôte d’un deuxième sacre tant espéré, cinquante ans après son premier titre », écrit-il.
Ainsi selon Le Monde, entre les Lions de l’Atlas et ceux de la Teranga, le duel fut extravagant. Si extravagant que les Sénégalais ont quitté le terrain pour contester une décision arbitrale, un penalty accordé au Maroc à la fin du match, provoquant une interruption d’une dizaine de minutes. Le penalty fut tiré et raté avant que Pape Gueye ne donne la victoire à son équipe en prolongation. »Le Sénégal avait gagné sur le terrain une CAN qui allait bientôt lui être contestée sur tapis vert », relève-t-il.
Cette enquête du journaliste Mustapha Kessous sur les rapports confidentiels dans les coulisses de la Confédération Africaine de Football (CAF) laisse apparaître le scandale de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Le reporter a pu consulter les procès-verbaux de l’arbitre et le verdict détaillé de la commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF). »Ces documents contredisent frontalement la récente décision du jury d’appel qui a retiré le trophée au Sénégal sur tapis vert », précise-t-il.
A en croire le quotidien français, le cœur du litige réside dans l’interruption du match à la 97e minute, lorsque les joueurs sénégalais, ulcérés par un penalty accordé au Maroc après arbitrage vidéo, ont quitté la pelouse pendant une douzaine de minutes.
Alors que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) s’est empressée d’invoquer l’article 82 du règlement de la compétition : toute équipe abandonnant le terrain sans autorisation est déclarée forfait.
Pourtant, le compte rendu officiel de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala, révélé par Le Monde , ne fait état d’aucun abandon définitif. Le maître du jeu indique simplement qu’à »la 97e minute, il y a eu un arrêt de jeu temporaire ».
Il précise que « les joueurs sont rentrés au vestiaire sur instruction de leur entraîneur, avant de revenir sur la pelouse environ douze minutes plus tard, après l’intervention du responsable de la sécurité » .
Le penalty marocain a alors pu être tiré (et raté), et le Sénégal a remporté la finale (1-0) en prolongation.
Le Monde fait savoir que c’est précisément sur cette base factuelle que la commission de discipline de la CAF, réunie le 27 janvier, a tranché en faveur du Sénégal. Dans ses motivations rendues le 11 février et consultées par le quotidien français, l’instance disciplinaire rappelle une évidence : l’arbitre demeure »l’autorité suprême et le maître de cette rencontre ».
Le revirement incompréhensible du jury d’appel
Les jurés estiment que le Maroc fait une lecture trop stricte du règlement. Ils soulignent qu’il n’est stipulé nulle part qu’ »un match doit être définitivement abandonné à la suite du départ d’une équipe du terrain pour que le forfait s’applique » .
La commission conclut sans appel qu’ »on ne peut pas affirmer que l’arbitre a commis une erreur fondamentale en autorisant ce match à se dérouler jusqu’à son terme définitif » . En outre, les juges notent qu’à la reprise du jeu, la partie marocaine « n’a formulé aucune protestation contre cette décision » .
Malgré ce premier verdict clair qui maintenait le champion d’Afrique du Sénégal (tout en lui infligeant une très lourde amende de 715 000 dollars pour son attitude), le jury d’appel de la CAF a provoqué un immense scandale le 17 mars. À l’issue d’une audience expéditive sur Zoom, qualifié de »braquage administratif le plus grossier de la Caf » par les avocats sénégalais, l’instance a déclaré le Sénégal forfait et accordé une victoire 3-0 au pays hôte marocain.
Le quotidien français rappelle que »la composition de ce jury d’appel suscite d’ailleurs de lourds soupçons, le Sénégal pointant du doigt la présence d’un dirigeant tunisien en situation potentielle de conflit d’intérêts ». Même le président de la CAF, Patrice Motsepe, s’en est offusqué publiquement fin mars en disant : »C’est quoi ce bordel ? », rapporte Le Monde .
Désormais, le tri de cette Coupe d’Afrique repose entre les mains du Tribunal arbitral du sport (TAS). Comme le souligne l’enquête du quotidien français, les deux fédérations dénoncent l’incompétence d’une CAF incapable d’assumer ses propres règlements et l’autorité de ses arbitres.
Ainsi en attendant le verdict du Tas, le Sénégal continue de savourer son trophée en l’absence de ses supporters retenus au Maroc. Puisque les avocats sénégalais déclarent n’avoir jamais reçu de décisions de restitution du trophée et des médailles par la Caf.
