Le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme s’est dit jeudi « choqué » par le « meurtre brutal » d’un militant de la société civile retrouvé mort en Guinée-Bissau mardi, et qui était considéré comme une voix critique de la junte au pouvoir dans ce pays.
La mort de Vigario Luis Balanta, coordinateur du mouvement Po di Terra, « intervient dans un contexte de réduction progressive de l’espace civique et démocratique, qui s’est accélérée en Guinée-Bissau depuis le coup d’État de novembre 2025 », a également dénoncé le porte-parole.
« Des membres de l’opposition et des défenseurs des droits humains ont été arbitrairement détenus, agressés, harcelés et intimidés, des manifestations ont été dispersées et des stations de radio suspendues », a-t-il également fustigé, appelant les autorités à faire « cesser immédiatement » ces actes.
La mort de Vigario Luis Balanta a été annoncée mercredi par la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’Homme (LGDH), qui a évoqué un « assassinat ».
Le militant a été retrouvé mort, mardi, dans les rizières de Ndam Lero, à une trentaine de kilomètres de la capitale Bissau, avec le corps « ensanglanté » et « blessé partout à l’arme blanche » mais aussi avec « deux trous de balles dans la tête », selon les déclarations d’un témoin à l’AFP.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives dans le pays, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
Situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), ce pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest avait déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974.
Le chef de la junte, le général Horta N’Tam, a fixé au 6 décembre prochain la date des élections présidentielle et législatives censées marquer le retour du pouvoir aux civils.
AFP
