Les autorités iraniennes ont exécuté lundi par pendaison deux hommes condamnés pour appartenance à un groupe d’opposition interdit et tentative de renversement du pouvoir, a annoncé l’autorité judiciaire.
Le pouvoir judiciaire affirme qu’ils ont pris part à des « émeutes et actions terroristes urbaines » ayant provoqué la mort de plusieurs personnes, sans préciser quand. Dénonçant des « actes barbares », la dirigeante des Moudjahidines du peuple, Maryam Rajavi, a précisé dans un communiqué publié lundi qu’Akbar Daneshvarkar était un ingénieur civil de 58 ans et qu’il avait été arrêté en mars 2024.
L’autre homme exécuté, Mohammad Taghavi-Sangdehi, 59 ans, était « un prisonnier politique de longue date », persécuté selon elle depuis les années 1980, emprisonné trois ans à partir de 2020 avant d’être arrêté à nouveau en mars 2024. « Le régime, désespéré et craignant le soulèvement populaire qui le renverserait, tente en recourant à ce crime terrible de retarder l’explosion de la colère du peuple », a condamné Mme Rajavi.
L’Iran est deuxième au classement mondial en nombre d’exécutions après la Chine, selon des groupes de défense des droits humains dont Amnesty International. cette organisation a estimé que les deux condamnés ont été « soumis à la torture » durant leur détention et n’ont pas été autorisés à dire adieu à leurs familles. L’Iran « utilise la peine de mort comme une arme » pour « étouffer la dissidence », a fustigé Amnesty.
– Quatre co-accusés en danger –
« Nous craignons que la République islamique ne profite de la situation actuelle de guerre pour procéder à des exécutions de masse dans les prisons afin de semer la peur au sein de la société », a commenté Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.
IHR a indiqué que les deux hommes pendus étaient des prisonniers politiques, « soumis à des tortures physiques et psychologiques, privés de leurs droits à une procédure régulière ». Selon l’organisation, quatre co-accusés courent « un risque grave et imminent d’exécution » à la prison de Ghezel Hesar après avoir été condamnés à mort dans le cadre de la même affaire.
« Le peuple iranien est pris au piège entre une guerre internationale et une répression interne sévère », a résumé Shadi Sadr, cofondatrice de l’ONG Justice for Iran. L’annonce de ces exécutions intervient après un mois de guerre en Iran, déclenchée par l’offensive militaire américano-israélienne.
Avant ce conflit qui s’est étendu au Moyen-Orient, des manifestations avaient éclaté en Iran fin décembre pour protester contre la hausse du coût de la vie, avant de se transformer en mouvement de contestation contre le pouvoir ayant atteint un point culminant les 8 et 9 janvier.
La répression a fait des milliers de morts, selon des ONG. Des responsables iraniens ont reconnu plus de 3.000 morts, mais imputent les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Le 19 mars, le pouvoir avait annoncé avoir exécuté trois hommes accusés d’avoir tué des policiers lors des manifestations.
AFP
