Le plus grand porte-avions au monde, l’USS Gerald Ford, victime en mer Rouge d’un incendie « non lié aux combats » au Moyen-Orient, est arrivé lundi sur la base navale de Souda, sur l’île grecque de Crète, a constaté un photographe de l’AFP.
Deux marins avaient été blessés et le feu avait causé d’importants dégâts à quelque 100 couchettes.
Mais le commandement naval américain pour le Moyen-Orient avait assuré sur X que la propulsion du navire n’avait pas été endommagée et qu’il restait « pleinement opérationnel ».
Le porte-avions aurait également connu d’importants problèmes de système de toilettes en mer, les médias américains faisant état d’engorgements et de longs fichiers d’attente pour les sanitaires à bord.
Le sénateur américain Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement du Sénat, avait vivement évoqué la prolongation du déploiement du navire.
« Le Ford et son équipage ont été poussés à bout après près d’un an en mer, et ils payent le prix des décisions militaires irresponsables du président Donald Trump », avait-il déclaré.
Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne aérienne contre l’Iran à la fin février, à la suite d’un important renforcement militaire américain au Moyen-Orient qui comprenait le Ford et un autre porte-avions, l’Abraham Lincoln.
Les deux navires ont joué un rôle clé dans les opérations contre l’Iran, et le retrait du Ford a laissé un vide dans le dispositif américain dans la région.
« Mettre le Ford hors jeu pour une durée significative signifie moins de soutien américain aux efforts de guerre », a souligné Daniel Schneiderman, directeur des programmes de politique globale à Penn Washington.
« Le rôle du Ford dans la défense d’Israël est important », a-t-il ajouté, tout en soulignant que si certains des navires qui l’accompagnent et qui disposent de capacités cruciales de défense aérienne, restent près d’Israël, alors « l’impact opérationnel immédiat de son départ est en partie atténué ».
Le Ford est en mer depuis près de neuf mois, un déploiement qui l’a déjà vu participer aux opérations américaines dans les Caraïbes, où l’armée américaine a mené des frappes contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, intercepté des pétroliers sous sanctions et intercepté le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro.