« Je condamne l’arrestation et la détention, cet après-midi à Mutare, de mon ami de longue date, collègue avocat et ancien ministre, Tendai Biti », a réagi sur les réseaux sociaux David Coltart, maire de la deuxième ville du pays, Bulawayo. « Son crime ? Avoir décrété le projet de loi constitutionnelle ! », a-t-il accusé.
Le président Emmerson Mnangagwa ne peut se représenter après deux exercices. Devant permettre la prolongation de son mandat de 2028 à 2030, le projet de réforme prévoit aussi l’élection du président par le Parlement plutôt qu’au suffrage direct.
Vu l’équilibre des forces au Parlement, son approbation aux deux niveaux par les deux chambres fait peu de doute. Mais pour l’opposition, de telles modifications réclament un référendum.
Un leader étudiant a par ailleurs été enlevé dans un amphithéâtre de l’université de Chinhoyi après s’être opposé à la réforme lors d’une réunion qui y était consacrée, a accusé samedi le syndicat étudiant Zinasu.
Agé de 83 ans, le « Crocodile », comme il est surnommé, est arrivé au pouvoir en 2017 à la suite d’un coup d’Etat qui a permis à l’armée de chasseur Robert Mugabe, resté président pendant 30 ans.
Élu en 2018 puis réélu en 2023, Emmerson Mnangagwa est accusé par ses détracteurs de laisser prospérer la corruption et de réprimer les droits humains sans pour autant redresser l’économie. L’inflation annuelle a presque toujours compté trois chiffres de 2019 à 2024.
Des opposants militants contre la réforme constitutionnelle ont raconté à l’AFP avoir fait l’objet de tabassages ou d’intimidations.
AFP
