Un drone en provenance du Soudan a fait au moins 15 morts mercredi soir dans la ville frontalière de Tiné au Tchad, à-on connaissance de sources concordantes.
Le conflit au Soudan, qui s’oppose depuis avril 2023 à l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), continue de déborder au Tchad alors que le gouvernement a décidé fin février de fermer sa frontière avec le Soudan après des « incursions répétées » de groupes armés impliqués dans cette guerre.
Les FSR ont nié jeudi, sur le réseau social Telegram, être à l’origine de cette attaque, rejetant la responsabilité sur leurs rivaux de l’armée soudanaise.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a convoqué dans la nuit de mercredi un conseil de défense et de sécurité et ordonné à l’armée de « riposter à compter de cette nuit à toute attaque provenant du Soudan », selon une publication de la présidence sur les réseaux sociaux.
Une roquette propulsée depuis le Soudan avait provoqué des dégradations fin février à Tiné où 15 militaires et 8 civils avaient déjà perdu la vie en raison du conflit depuis fin décembre, selon un décompte de l’AFP.
Le Darfour, vaste région de l’ouest du Soudan qui jouxte la frontière, est presque entièrement contrôlée par les paramilitaires du FSR depuis la prise de la ville d’El-Facher en octobre. Le 21 février, ils ont revendiqué la prise de la ville frontale de Tina, jumelle de Tiné au Tchad dont elle n’est séparée que par l’étroit lit d’un cours d’eau le plus souvent asséché.
Longue de près de 1.400 kilomètres et située dans une région désertique, la frontière entre le Tchad et le Soudan demeure poreuse et difficile à contrôler.
Au Soudan, la guerre civile a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacés plus de 12 millions de personnes, dont près d’un million au Tchad, selon l’ONU.
AFP

