Des explosions imputées à plusieurs attentats-suicides ont fait au moins 23 morts et plus d’une centaine de blessés à Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, moins de 24h après l’attaque d’un poste militaire près de cette grande ville du nord-est du Nigeria.
Un membre d’une milice anti-jihadiste locale a déclaré à l’AFP que le bilan pourrait s’élever à 31 morts. Située à trois heures d’avion environ de la capitale économique Lagos, Maiduguri compte plus d’un million d’habitants, non loin du Tchad, du Cameroun et du Niger.
Trois explosions ont eu lieu lundi soir, moins de 24 heures après l’attaque d’un poste militaire dimanche à minuit dans une banlieue de Maiduguri située à quelques kilomètres de l’aéroport de la ville.
Les assaillants ont visé le marché principal de la ville, l’entrée de l’hôpital universitaire de Maiduguri et les environs des locaux de la Poste.
Mala Mohammed, 31 ans, qui a échappé à l’explosion sur le marché, a raconté avoir d’abord entendu deux détonations et vu des gens paniqués se mettre à courir.
« A ce moment-là, nous ne savions pas exactement ce qui s’était passé. Mais au bout de deux ou trois minutes, d’autres personnes qui couraient le long de la route ont commencé à crier qu’il y avait eu une bombe à l’entrée du marché », se souvient-il.
« Beaucoup se sont précipités vers le quartier de la Poste, car l’entrée du marché et la poste ne sont pas très éloignées l’une de l’autre », poursuit-il. « Malheureusement, alors qu’ils couraient vers la Poste, une personne qui portait l’engin explosif s’est lancé dans la foule alors que les gens tentaient encore de s’échapper. »
Un journaliste de l’AFP présent dans un hôpital de Maiduguri lundi soir a vu des dizaines de blessés cherchant à se faire soigner après les explosions de lundi, ainsi que de nombreux corps recouverts de draps sur le trottoir à l’extérieur.
– Des attaques « barbares »
« La situation est revenue à la normale dans les zones touchées » et les forces de sécurité ont renforcé leur « présence et leur surveillance à Maiduguri et dans ses environs afin d’empêcher tout nouvel incident », a assuré la police dans un communiqué tôt mardi matin.
Le gouverneur de l’Etat de Borno, Babagana Zulum, a qualifié ces attentats présumés de « barbares ».
« La récente recrudescence des attaques n’est pas sans rapport avec les opérations militaires intensives menées dans la forêt de Sambisa », un bastion jihadiste notoire, a-t-il affirmé.
En décembre, un attentat à la bombe non revendiqué avait fait au moins sept morts dans une mosquée de Maiduguri.
Ces attentats interviennent après une période de relative tranquillité dans la ville depuis que l’insurrection avait été repoussée vers les zones rurales reculées.
Théâtre de fusillades et d’attentats à la bombe, avec un pic d’attaques au milieu des années 2010, Maiduguri était plutôt calme depuis quelques années.
La violence a toutefois persisté dans les campagnes environnantes et ces derniers mois, les groupes jihadistes ont intensifié leur pression.
La semaine dernière, l’armée a confirmé des « attaques coordonnées » contre plusieurs bases militaires dans le Nord-Est, qui ont tué au moins 14 personnes dont 10 soldats.
Les Etats-Unis ont annoncé récemment l’envoi de 200 soldats au Nigeria pour aider l’armée nigériane à combattre les jihadistes.
Depuis 2009, les attaques jihadistes dans le nord-est du Nigeria, perpétrées principalement par Boko Haram et le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), ont fait plus de 40.000 morts et environ deux millions de déplacés, selon l’ONU.
AFP
