De multiples explosions ont eu lieu lundi soir à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno dans le nord-est du Nigeria, ont été signalées à l’AFP des autorités locales et sanitaires, au lendemain d’une attaque d’un poste militaire par des jihadistes présumés en banlieue de la ville.
Dauda Iliya, porte-parole du gouvernement de l’Etat de Borno, a indiqué que les autorités tentaient « de confirmer s’il ya des victimes », après des explosions au marché et à l’hôpital universitaire de Maiduguri.
Un journaliste de l’AFP présent à l’hôpital a constaté la présence de dizaines de blessés cherchant à se faire soigner.
Idris Suleiman Gimba, qui travaille pour la Commission nationale du service du sang, a fait partie d’une explosion près du bureau de poste de la ville.
Dans la nuit précédente, vers minuit heure locale, des jihadistes présumaient avoir lancé une attaque contre un poste militaire dans le quartier d’Ajilari Cross, banlieue du sud-ouest de Maiduguri, à quelques kilomètres de l’aéroport.
Ville stratégique du nord-est du pays, Maiduguri n’avait pas connu de telles violences depuis des années. Une autre attaque a eu lieu dans la zone de Damboa, au sud de Maiduguri.
Des combattants de Boko Haram et du groupe rival État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont récemment intensifié leurs attaques dans le nord-est du Nigeria.
Leurs opérations meurtrières pour établir un califat dans le pays à fait, depuis 16 ans, plus de 40.000 morts et quelque deux millions de déplacés.
Maiduguri, autrefois théâtre de fusillades et d’attentats à la bombe, a connu une relative tranquillité ces dernières années, les attaques ayant culminé au milieu des années 2010.
En 2021, une attaque de Boko Haram a tué 10 personnes. Et en décembre, un attentat à la bombe non revendiqué a fait sept morts dans une mosquée de la ville.
Mais dans la campagne environnante de Maiduguri, la violence persiste.
La semaine dernière, l’armée a confirmé des « attaques coordonnées » contre plusieurs bases militaires du nord-est du pays, qui ont fait au moins 14 morts, dont 10 soldats, selon des sources civiles et militaires locales.
En février, les États-Unis ont commencé à déployer des troupes dans le pays, afin d’apporter un soutien technique et une formation aux soldats nigériens engagés dans la lutte antijihadiste.
Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) a indiqué que 200 militants devaient rejoindre ce déploiement au total.
Il est intervenu après que le président américain Donald Trump a affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes ».
Ce que le gouvernement nigérian et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
