« Un retour vers nos racines »: le constructeur automobile Peugeot, qui avait créé le FC Sochaux-Montbéliard il y a près de 100 ans avant de s’en séparer en 2015, a officialisé jeudi, dans son usine historique de Sochaux (Doubs), un nouveau partenariat avec le club emblématique de football.
« Un retour vers nos racines » pour Alain Favey, directeur général de Peugeot, qui s’est refusé à préciser le montant de ce partenariat. Conclu pour cinq ans, celui-ci est appelé à évoluer « en fonction des performances du club », actuellement troisième de National.
L’accord se concrétise par la présence de la marque sur les maillots et tenues des joueurs, ainsi que sur ceux des jeunes du centre de formation du club, et par le parrainage de matches et d’événements durant la saison.
– « Exemple inédit en Europe » –
Pour l’historien Paul Dietschy, l’histoire des relations entre le club et le constructeur relève d’un « exemple inédit en Europe ». « Les publicités dans la presse sportive faisaient l’analogie entre le beau jeu du FCSM et la qualité des voitures Peugeot », retrace ce professeur à l’université de Franche-Comté Marie-et-Louis Pasteur, par ailleurs rédacteur en chef de la revue scientifique Football(s).
La publicité sur les maillots n’a cependant été autorisée que dans les années 1970, si bien que « le nom de Peugeot n’y est apparu que tardivement », rappelle Fabien Dorier, ancien responsable de la communication du club et auteur du livre « Le Football-Club de Sochaux-Montbéliard en 90 dates ».
Le club a connu des tourmentes, notamment à partir de 2014 et sa relégation en Ligue 2. PSA a alors annoncé son intention de vendre le club, ce qui sera fait en juillet 2015 avec la cession au Chinois Ledus, filiale de Tech Pro Technology. Un choc pour les supporters du FCSM autant que pour les ouvriers du site de PSA Sochaux – qui sont d’ailleurs souvent les mêmes.
La descente aux enfers arrivera à son paroxysme en 2023 : en fin de saison, le club est sur le point de disparaître. La direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) le rétrograde en National, compte tenu des errances de gestion.
Sous l’impulsion d’un club de supporters nouvellement créé, « les Sociochaux », une collecte permet alors de réunir près de 800.000 euros auprès de 11.000 donateurs, bien au-delà de la Franche-Comté.
Emmenés par Jean-Claude Plessis et Pierre Wantiez, dirigeants du club dans les années fastes du FCSM (Coupe de la Ligue 2004 et Coupe de France 2007), une quarantaine d’entrepreneurs francs-comtois, soutenus par les collectivités, se mobilisent alors pour sauver le club.
– Pas d’entrée au capital –
« Le FC Sochaux, ici, c’est comme la Tour Eiffel à Paris , il ne peut pas disparaitre », soulignait alors l’un des entrepreneurs qui venait de signer un chèque pour entrer au capital.
En vertu du nouveau partenariat signé jeudi, Peugeot sera sponsor maillot du FCSM dès le prochain match de championnat, vendredi contre Concarneau. « Il n’y a personne de plus heureux que moi aujourd’hui », s’est enthousiasmé Jean-Claude Plessis.
« Nous n’avons aucune ambition de participer à nouveau au capital du club », ni « dans le foot » en général, a toutefois précisé M. Favey, réaffirmant le soutien de la marque au rugby, au cinéma et au sport automobile d’endurance comme en atteste cette année le centenaire de la première participation de Peugeot aux 24 heures du Mans.
Le soutien au FC Sochaux-Montbéliard est « une exception » qui trouve ses racines dans la volonté du constructeur automobile de renouer avec son histoire et de positionner Peugeot comme « une marque populaire » et « qui doit rester abordable sans être low cost », a souligné le directeur général.
AFP