Casamance : six jeunes filles formées aux métiers techniques du cinéma reçoivent leur parchemin

Six jeunes filles originaires de la Casamance (sud) ont reçu, samedi à Dakar, leur parchemin après deux ans de formation aux métiers techniques du cinéma et de l’audiovisuel, dans le cadre du programme Institut Mousso, initié par la réalisatrice et productrice sénégalaise Angèle Diabang, fondatrice de la société de production Karoninka.

Les récipiendaires sont Rose Berthe Diédhiou, spécialisée en cinéma expérimental, Mélida Diatta (assistante à la mise en scène), Khadidia Diémé (ingénieure du son), Adama Diouf (distribution de films), Liliana Velez Gomez (électro-machiniste) et Bintou Faye (distribution et vente de films).

‎”Nous avons choisi, pour cette formation gratuite au sein de l’Institut Mousso, un centre exclusivement dédié aux femmes et basé en Casamance, de mettre l’accent sur les métiers techniques du cinéma. Ce sont des métiers où les techniciens manquent et où les femmes sont très peu représentées”, a expliqué Angèle Diabang lors de la cérémonie de remise des parchemins organisée à la Délégation Wallonie-Bruxelles à Dakar.

Selon elle, l’objectif ne se limitait pas à former ces jeunes filles, mais aussi à leur permettre de trouver un emploi dès la fin de leur formation, tout en contribuant à l’émergence d’un leadership féminin en milieu rural.

”Il fallait les orienter vers des métiers où il existe un réel besoin de techniciens et où la technicienne-artiste peut apporter sa touche”, a-t-elle indiqué, citant notamment le métier d’électro-machiniste, largement dominé par les hommes sur le continent africain.

Elle s’est ainsi réjouie du parcours de Liliana Velez Gomez, présentée comme la première électro-machiniste formée par l’Institut Mousso, qui signifie, ”maison de la femme” en bambara.

”Dans une équipe d’hommes, elle dit souvent qu’elle est un homme parmi les hommes”, a raconté la réalisatrice, soulignant que ses collègues la surnomment désormais ”princesse électro”, en reconnaissance de sa place acquise dans ce métier réputé difficile.

Angèle Diabang s’est dite ”très fière” d’avoir accompagné durant deux ans ces jeunes filles issues de milieux ruraux défavorisés en Casamance. Elles ont été sélectionnées après l’obtention du baccalauréat, en collaboration avec l’Inspection d’académie de Ziguinchor.

‎Aujourd’hui, plusieurs d’entre elles évoluent déjà sur des plateaux de tournage dans des domaines tels que le son, la décoration, la perche ou encore la distribution de films.

La formation a combiné enseignements théoriques et exercices pratiques. Une exposition photographique présentée lors de la cérémonie témoigne de leur expérience sur le terrain, notamment lors du tournage du film ”Une si longue lettre” d’Angèle Diabang, ainsi que de leur film de fin de formation intitulé ”Le sacre de la poétesse”.

L’initiatrice du programme a indiqué avoir déjà lancé, depuis un an, une deuxième cohorte composée de six autres jeunes filles de la Casamance. Son ambition est, à terme, d’étendre cette initiative à d’autres pays de la sous-région, notamment la Sierra Leone, la Guinée et la Gambie, si les moyens nécessaires sont réunis.

Le délégué général Wallonie-Bruxelles a salué ”une initiative formidable”, soulignant que l’Institut Mousso est, à ce jour, le premier centre de formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique de l’Ouest exclusivement dédié aux femmes.

‎”En ce mois consacré aux droits des femmes, il est particulièrement symbolique qu’un institut dédié aux femmes porte le nom de Mousso, qui signifie femme”, a-t-il déclaré, rendant hommage aux bénéficiaires pour leur contribution à la création et à la transmission dans le secteur audiovisuel.

La responsable genre de l’Inspection d’académie de Ziguinchor, Siga Diouf, a pour sa part insisté sur l’importance de telles initiatives pour le système éducatif, dont la mission est de promouvoir l’accès à l’éducation, l’égalité des chances, l’inclusion et la réussite.

”La Casamance a ses réalités propres. Il est heureux de célébrer aujourd’hui le début d’un nouveau parcours pour ces jeunes femmes”, a-t-elle affirmé, saluant leur ”détermination” et leur ”engagement”.

S’exprimant au nom de la première cohorte, Liliana Velez Gomez a estimé que cette formation constitue ”une étape décisive” pour ces jeunes femmes qui cherchaient leur voie et leur place dans la société.

”L’Institut Mousso nous a permis de réaliser un rêve. C’est une grande opportunité d’entrer dans un univers qui semblait jusque-là inaccessible aux femmes de la Casamance”, a-t-elle déclaré.

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