Le ministère de la Défense espagnol a annoncé jeudi l’envoi à Chypre pour des missions de « protection » d’une frégate, qui accompagnera les portes-avions français Charles de Gaulle et d’autres bâtiments de la marine grecque, après qu’une base militaire britannique sur cette île a été atteinte par un drone.
Cette annonce survient en pleine période de tension avec les États-Unis en raison du refus espagnol de leur permettre d’utiliser des bases espagnoles contre l’Iran, et quelques instants à peine après des déclarations du ministre de la Défense assurant que l’Espagne « évaluerait » la possibilité d’apporter une aide militaire à Chypre si ses partenaires européens le lui demandaient.
Si « l’Union européenne, pour protéger Chypre, décidait de certaines missions », l’Espagne « en tiendrait compte et évaluationait » cette hypothèse, a déclaré Margarita Robles dans un entretien à la radio Cadena Ser, juste avant le communiqué de son ministère.
Dans la nuit de dimanche à lundi, la base militaire britannique d’Akrotiri, à Chypre, membre de l’UE mais pas de l’Otan, a été touchée par un drone. Selon une source gouvernementale chypriote, ce drone avait été tiré depuis le Liban « probablement » par la milice pro-iranienne du Hezbollah.
Au lendemain de déclarations véhémentes du président Donald Trump, qui avait estimé que l’Espagne avait été « terrible » pour avoir refusé aux Etats-Unis d’utiliser ses bases militaires, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez avait campé sur ses positions mercredi, revendiquant son choix de dire « non à la guerre ».
Mais dans la soirée, une porte-parole de la Maison Blanche avait pourtant assuré que l’Espagne avait finalement « accepté de coopérer » avec les forces armées américaines, une déclaration immédiatement démentie « catégoriquement » par Madrid.
AFP