Donald Trump a entrepris lundi de préparer les Américains à une guerre en Iran qui pourrait durer un mois, voire plus, voire impliquer des troupes au sol, tentant de corriger l’impression de flottement laissée depuis les premières frappes samedi.
« Nous sommes déjà nettement en avance sur nos prévisions. Mais quel que soit le délai, ce n’est pas grave, quoi qu’il en coûte, nous y arriverons toujours », a affirmé le dirigeant républicain, ajoutant que « nous avons les capacités nécessaires pour aller bien au-delà » de quatre ou cinq semaines, le délai qu’il avait évoqué la veille.
Il a assuré que ses objectifs étaient « clairs », là où ses diverses déclarations au cours du week-end, qu’il a passé retranché dans sa résidence de Floride, étaient loin de l’être.
Pour justifier l’opération militaire lancée samedi, il a assuré qu’il avait saisi la « dernière et meilleure occasion » de frapper – mais sans reprendre l’idée d’une menace « imminente » qu’il avait évoquée auparavant.
Donald Trump s’était exprimé depuis samedi par des messages vidéo sur son réseau Truth Social, ainsi qu’au travers de brefs échanges téléphoniques avec plusieurs journalistes, mais sans faire d’allocution solennelle en direct ni de conférence de presse.
– Quatre objectifs –
Lundi, il a pour la première fois donné une liste de quatre objectifs: détruire les capacités de missiles balistiques iraniennes, ainsi que la marine; assurer que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire; et enfin empêcher Téhéran de soutenir des groupes armés tels que le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien dans la région.
La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a reproduit ces objectifs sur son compte X, en réponse à un commentateur ultra-conservateur qui se plaignait d’une communication « confuse, pour le dire poliment », autour de l’opération américaine.
« Empêcher ce régime radical et ses dirigeants terroristes de menacer l’Amérique et nos objectifs cruciaux de sécurité nationale est un objectif lucide et nécessaire », a-t-elle écrit.
« Je n’ai pas le trac en matière de troupes au sol – comme tous ces présidents qui disent +Il n’y aura pas de troupes au sol+. Je ne dis pas ça », a par ailleurs confié le président américain au New York Post, ajoutant: « Je dis +Nous n’en avons probablement pas besoin+ ou +Si c’était nécessaire+ ».
Le dernier déploiement à grande échelle de troupes américaines au sol dans un conflit remonte à l’Irak en 2003 et leur dernière présence à grande échelle au sol dans un conflit remonte à l’Afghanistan, d’où les Etats-Unis se sont retirés de manière chaotique à l’été 2021 après vingt ans de guerre.
Consciente de la grogne jusque dans la coalition Maga (Make America Great Again), après que Donald Trump a répété pendant sa campagne qu’il ne déclencherait pas de guerres, l’administration tente de déployer une stratégie de coordination mieux ordonnée.
– Salle de bal –
Les comptes officiels du gouvernement américain sur X ont également diffusé les quatre objectifs, sous forme de courte liste.
Le chef du Pentagone Pete Hegseth et le chef d’état-major, le général Dan Caine ont donné une conférence de presse.
Le vice-président JD Vance sera en direct sur Fox News pendant la soirée.
De premiers sondages montrent une opinion publique majoritairement réservée si ce n’est hostile face à cette guerre.
Après avoir parlé de l’Iran, le président américain n’a pu s’empêcher lundi de faire un aparté sur l’un de ses sujets de prédilection, l’aménagement intérieur de la Maison Blanche.
Il a commencé par faire admirer un rideau doré situé près de lui puis a parlé du chantier en cours à la Maison Blanche pour la construction d’une salle de bal, dont les bruits étaient audibles pendant son allocution.
« Ce sera la plus belle salle de bal du monde », a-t-il lancé.