Le parquet marocain a requis jeudi jusqu’à deux ans de prison ferme contre chacun des 18 supporters sénégalais poursuivis pour « hooliganisme » et détenus au Maroc depuis la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) mi-janvier qui avait été émaillée d’incidents.
Les prévenus sont poursuivis pour « hooliganisme », accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, l’invasion de la pelouse ainsi que des jets de projectiles. Une peine de deux ans correspond au maximum encouragé pour ces faits.
Dans leur dernier mot, les accusés ont réaffirmé « leur innocence » tout en disant « regretter ce qui s’est passé », soulignant notamment que « les deux peuples », marocain et sénégalais, étaient « frères », d’après l’avocate de la défense, Naïma El Guellaf.
Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s’est imposé 1-0 au terme d’un match chaotique.
À la suite d’une pénalité accordée au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un mais refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain et ont lancé des projectiles vers la pelouse.
Les poursuites reposent principalement sur les images des caméras du stade Moulay Abdellah ainsi que sur les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés, a précisé le représentant du parquet, qui a évalué les dégâts matériels à plus de 370.000 euros.
« Les captures d’images de caméras ne (…) représentent pas des preuves irréfutables de leur culpabilité », a plaidé Me Guellaf.
Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) a infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros, aux deux fédérations pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.
« On ne peut pas les juger deux fois puisque la CAF a déjà condamné la fédération sénégalaise pour le comportement des supporters », a estimé l’avocat, demandant leur acquittement ou, par défaut, des peines alternatives.
De son côté, l’avocat de la partie civile, Mustapha Simou, qui représente 14 membres des forces de l’ordre, a souligné que « les sanctions de la CAF ne dispensent pas les accusés de leur responsabilité pénale, au contraire, elles confirment leur culpabilité, d’autant plus que le Sénégal ne les a pas contestées ».
Le tribunal devrait rendre son verdict dans la journée, selon le juge.