L’économie française maintient début 2026 son rythme de croissance, lentement mais sûrement, selon les entreprises interrogées par la Banque de France, qui prévoit une hausse du PIB de 0,2 à 0,3% au premier trimestre.
« Imperturbable » quoique « relativement molle »: la banque centrale voit cette croissance du produit intérieur brut comme un élément de stabilité, dans un environnement économique mondial très changeant.
« Essentiellement, l’économie française continue (…) à son rythme imperturbable en dépit de tout ce qui se passe dans le monde », a affirmé à la presse le chef économiste de la Banque de France, Xavier Debrun.
« Elle n’est pas très loin du potentiel, mais ce n’est pas non plus une grande vigueur. En fait ce qui surprend le plus peut-être, c’est qu’on continue d’avoir cette croissance relativement molle mais stable, alors qu’il se passe plein de choses dans le monde, des choses qui devraient effrayer les investisseurs, qui devraient effrayer les consommateurs », a-t-il encore commenté.
Ce premier trimestre lance l’économie française sur un rythme de croissance aux alentours de 1% en 2026, après les 0,9% de 2025, même s’il est « beaucoup trop tôt à l’heure actuelle » pour prévoir ce qui va se passer le reste de l’année, selon M. Debrun.
L’Institut national de la Statistique (Insee) est à peu près sur la même ligne, avec une
prévision de croisance de 0,3% à chacun des deux premiers trimestres.
Les prévisionnistes du secteur privé sont globalement d’accord aussi. BNP Paribas table ainsi sur une croissance de 0,3% au premier trimestre, et de 1,3% en 2026, « soutenue par la demande (investissement des entreprises, exportations et consommation des ménages) ».
Les incertitudes restent fortes, tant à l’international, avec de multiples tensions
géopolitiques, que sur le plan intérieur, avec un Parlement fragmenté, où les divisions entre groupes politiques risquent de s’accroître en prévision de l’élection présidentielle de 2027.- « Résilience ».
La Banque de France elle-même vient de voir son gouverneur écourter son mandat. François Villeroy de Galhau a annoncé lundi qu’il quitterait son poste en juin, pour présider la Fondation Apprentis d’Auteuil. Son successeur doit être connu dans les semaines à venir.
La prévision de croissance de la banque centrale est issue de son « enquête mensuelle de
conjoncture », qui synthétise les réponses de 8.500 entreprises dans l’industrie, les services et le bâtiment, du 28 janvier au 4 février. « L’activité économique se renforce en janvier dans les trois secteurs », écrit la Banque de France, « à un rythme supérieur aux anticipations exprimées le mois dernier ».
« Cette résilience n’est pas propre à l’économie française. On l’observe un peu partout », a
relevé le chef économiste. La France, par exemple, fait partie des pays qui bénéficient de l’effort de réarmement de nombreux États dans le monde. La performance de son industrie en janvier « a été tirée essentiellement par les ventes dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, tout autant en France qu’à l’international », a-t-il expliqué.
Les entrepreneurs restent très réservés, face à des carnets de commande « relativement
dégarnis », selon M. Debrun. Leur satisfaction très moyenne sur leur niveau de trésorerie et leurs stocks élevés montrent ainsi qu’ils s’arment contre des perturbations dans le système financier ou les chaînes d’approvisionnement.
Mais ces entreprises sont plutôt optimistes quant à leur activité en février. Pour elles,
« l’activité continuerait de progresser sensiblement dans l’industrie, et plus modérément
dans les services et dans le bâtiment ».
AFP