Les opérations massives de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, ville du nord des Etats-Unis sous tension depuis la mort de deux Américains abattus par des agents fédéraux, vont prendre fin après deux mois de contestation intense, a annoncé jeudi l’émissaire de Donald Trump.
« J’ai proposé, et le président Trump a accepté, que cette opération finisse », a annoncé l’émissaire de Donald Trump Tom Homan au cours d’une conférence de presse. « Une réduction significative (des effectifs policiers) est déjà mise en oeuvre cette semaine et va se poursuivre au cours de la suivante », a-t-il ajouté.
Le maire démocrate de la ville Jacob Frey a exprimé son « espoir » après cette déclaration. « Nous allons attendre de voir si c’est bien réel. Rester attentifs. Rester vigilants et observer ce qui va effectivement se passer », a dit à l’AFP Jennifer Arnold, une habitante de Minneapolis engagée auprès de ses voisins immigrés.
– Vers « d’autres endroits » ? –
Le mouvement de contestation contre la politique migratoire répressive de Donald Trump et les méthodes agressives d’ICE s’est amplifié en janvier avec la mort de deux citoyens américains, tués par balles par des agents fédéraux à moins de trois semaines d’écart : Renee Good, une mère de famille de 37 ans, et Alex Pretti, un infirmier du même âge.
Leur mort a indigné à Minneapolis et à travers le pays, alors que l’administration Trump est allée jusqu’à les qualificatifs de « terroristes ». Même l’ancien président démocrate Barack Obama, resté largement silencieux depuis le retour au pouvoir du milliardaire républicain en janvier 2025, a appelé au « sursaut » face aux « attaques » perpétrées contre les valeurs des Etats-Unis.
Si l’opération d’envergure va se terminer, Tom Homan a précisé qu’il allait rester personnellement à Minneapolis « un peu plus longtemps » pour superviser sa conclusion.
« Un petit nombre de personnes restera sur place pendant un certain temps » également pour « transférer le commandement et le contrôle au bureau local » et « s’assurer que l’activité des agitateurs continue de diminuer », a-t-il ajouté, sans préciser combien.
Avant Minneapolis, d’autres villes démocrates, Los Angeles et Chicago notamment, ont été ciblées par les offensives anti-immigration de l’administration Trump. La liste risque encore de s’allonger mais Tom Homan est resté évasif jeudi.
« Cette opération se termine, et la semaine prochaine, nous allons redéployer les agents vers leurs bases ou d’autres endroits du pays où ils sont nécessaires », s’est-il borné à dire.
– « Long chemin » –
« Nous allons continuer à faire respecter la législation migratoire », a insisté l’émissaire, qui avait annoncé le retrait de 700 agents fédéraux sur environ 3.000 une semaine plus tôt.
Confronté à l’indignation croissante face aux pratiques d’ICE, Donald Trump avait oscillé dans le même exercice d’équilibre entre la nécessité d’une « approche plus délicate » et celle d’être « dur » dans la mise en œuvre de sa politique migratoire.
A Minneapolis, l’offensive anti-immigration a profondément bouleversé le quotidien, nombre d’habitants se terrant chez eux par crainte d’être arrêtés pendant que des milliers d’autres se mobilisaient pour leur venir en aide et continuaient à manifester, malgré souvent un froid polaire.
« Nous avons un long chemin à parcourir pour nous relever », souligne Jennifer Arnold. « Il y a toujours des membres de nos familles en détention, des membres de notre voisinage poursuivis par le ministère de la Justice, et nous devons reconstruire la confiance au sein de notre communauté. »
Tom Homan lui a revendiqué une « ville plus sûre parce que nous avons arrêté 4.000 étrangers en situation irrégulière ». Il a ajouté que plus de 200 personnes avaient été arrêtées pour être envoyées à la mission des agents de l’immigration.
Depuis la mort de Renée Good et d’Alex Pretti, l’opposition démocrate exige des réformes en profondeur du fonctionnement d’ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l’interdiction pour les agents de dissimuler leur visage, et l’obligation d’obtenir un mandat judiciaire avant l’arrestation d’un migrant.
AFP
