Droits TV du Mondial: le foot français replonge dans la crise, de Tavernost prêt à jeter l’éponge

La décision de la Fifa d’attribuer mercredi les droits du Mondial-2026 à BeIN Sports au dépens de Ligue 1+ a provoqué une nouvelle crise au sein du football professionnel français, poussant Nicolas de Tavernost vers la sortie.

L’ancien patron de M6, arrivé en pompier en avril 2025 au chevet de LFP Media, pensait avoir réalisé un gros coup en obtenant il y a deux semaines l’accord de la Fifa pour la diffusion de l’intégralité des rencontres de la Coupe du monde américaine cet été, mais l’échec de ces négociations devrait finalement précipiter son départ.
Durant un conseil d’administration convoqué en urgence après la non obtention du contrat, M. de Tavernost a notamment pointé du doigt la responsabilité du Paris SG.
Le club de la capitale est présidé par Nasser Al-Khelaifi, qui est également membre du CA de la LFP, et surtout président de beIN Media Group, qui vient de chiper les droits du Mondial-2026 au nez et à la barbe de Ligue 1+.

Absent mercredi lors du conseil d’administration, M. Al-Khelaifi était représenté par
Victoriano Melero, son directeur général.
M. de Tavernost, qui avait fait de l’unité des clubs une condition sine qua none avant de
devenir directeur général de LFP Media, leur a ainsi demandé de « trouver quelqu’un d’autre » que lui, à moins « qu’ils règlent leur différend ».
Il restera en poste jusqu’à ce que les clubs lui trouvent un successeur et sera notamment là jeudi lors d’un nouveau conseil d’administration qui doit notamment trouver une riposte à la décision de la Fifa.

Avant le revirement de mercredi, LFP Media, la filiale commerciale de la LFP, pensait avoir réalisé un gros coup en signant un contrat de près de 20 millions d’euros avec la Fifa, attendant qu’il soit ratifié par l’instance mondiale, une procédure qui est « en général une formalité », pensait-elle alors.
C’est d’ailleurs la Fédération internationale, selon plusieurs sources, qui était allée chercher Ligue 1+ pour qu’elle lui formule une offre.

Un procédé qui a crispé beIN Sports, habituée à conclure l’acquisition de ses droits au dernier moment, mais qui n’avait pas vu venir l’offensive de la Ligue, dont elle est un des diffuseurs des championnats de longue date, mais avec qui elle est en litige depuis plusieurs années également.- Énorme coup dur pour la Ligue de football.

Dans un message interne diffusé mercredi aux salariés de la chaîne franco-qatarienne dont l’AFP a obtenu une copie, Yousef Al-Obaidly, président de beIN Sports France, qui diffuse encore un match de Ligue 1 par journée jusqu’à la fin de la saison ainsi que l’intégralité des matches de Ligue 2 jusqu’en 2029, a d’ailleurs raillé « la pression médiatique cynique exercée sur le processus par un diffuseur concurrent ». « Ce n’est pas ainsi que beIN fonctionne », a-t-il ajouté.

« Le processus d’attribution des droits de la Coupe du Monde a illustré le meilleur de beIN, malgré les campagnes menées par certains à notre encontre. Nous avons respecté le processus de la FIFA et sommes restés patients et déterminés », a-t-il également écrit.

Le départ de M. Tavernost serait un énorme coup dur pour la Ligue et le football français, qui essayent tant bien que mal de se remettre de plusieurs fiascos sur le front des droits TV de la L1. Nommé il y a neuf mois pour tenter de mettre fin à cette crise, Nicolas de Tavernost, qui avait fait de « l’unité » des clubs un préalable à sa nomination, a d’abord fait l’unanimité autour de lui.

Il a réglé un litige avec DAZN, éphémère diffuseur principal de la Ligue 1, qui réclamait en justice à la LFP 573 millions d’euros « pour manquement observé » et « tromperie sur la marchandise ». Puis, faute de candidats pour la diffusion du championnat de France, il a lancé la plateforme Ligue 1+ pour ne plus être dépendant à terme des diffuseurs traditionnels avec qui les relations étaient extrêmement tendues.

La plateforme a connu un démarrage inespéré captant rapidement plus d’un million d’abonnés avant de stagner ces derniers mois. L’obtention de la diffusion des matches de la Coupe du monde devait rebooster Ligue 1+, devenue un concurrent pour beIN et Canal+, en froid avec la LFP après en avoir été les diffuseurs principaux.

Mais elle a surtout révélé au grand jour l’impossibilité notamment pour le PSG et son
président Nasser Al-Khelaifi de s’aligner sur la position des autres clubs de Ligue 1 pour qui la réussite de Ligue 1+ est quasiment vitale.

 

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