L’or s’est envolé lundi à un nouveau sommet historique, à plus de 5.100 dollars l’once, bénéficiant de son statut de valeur refuge privilégiée en période d’incertitudes, tandis que le yen est porté par les rumeurs d’une intervention du Japon pour soutenir sa devise.
Quelques jours après avoir menacé de droits de douane plusieurs alliés européens opposés à ses visées sur le Groenland, avant d’y renoncer, M. Trump a promis samedi des taxes de 100% sur les importations canadiennes aux États-Unis en cas d’accord commercial entre Ottawa et Pékin.
Plusieurs sénateurs démocrates ont par ailleurs annoncé qu’ils voteraient contre un texte budgétaire la semaine prochaine après que des agents fédéraux ont tué par balle un deuxième Américain à Minneapolis, augmentant le risque d’une nouvelle paralysie budgétaire aux Etats-Unis.
Ce climat d’incertitudes aux États-Unis détourne les investisseurs du dollar et des obligations d’État, habituellement considérés comme des valeurs refuges concurrentes de l’or.
Si les analystes s’attendent à ce que la Réserve fédérale (Fed), qui se réunit de mardi à mercredi, maintienne ses taux directeurs inchangés, ils restent aussi attentifs aux pressions de l’administration Trump sur le président de l’institution monétaire, Jerome Powell, pour qu’il abaisse les taux.
« Conjugué à une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires », « il n’est guère surprenant que les capitaux continuent d’affluer vers les actifs tangibles », résume Fawad Razaqzada, de Forex.com.
Après avoir franchi pour la première fois durant la nuit la barre des 5.000 dollars, le métal jaune a grimpé jusqu’à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g).
Vers 16H20 GMT (17H20 à Paris), il gagnait 2,29%, à 5.102,06 dollars l’once.
L’argent, qui avait lui dépassé les 100 dollars l’once vendredi, enchaînait les records lundi, à plus 113 dollars l’once, en hausse de 10,07% vers 16H20 GMT.
Le billet vert creusait ses pertes, perdant 0,51% par rapport à l’euro, à 1,1889 dollar.
Il s’échangeait au plus bas depuis septembre d’après le Dollar index, qui le compare à un panier d’autres grandes devises.
Profitant de la faiblesse du billet vert, le dollar de Singapour a atteint lundi un sommet depuis 2014 face à la monnaie américaine, et le ringgit malaisien son plus haut niveau depuis 2018.
La devise japonaise progressait pour sa part de 1,12% à 153,97 yens pour un dollar.
Cette envolée s’explique par les spéculations « croissantes des acteurs du marché sur une intervention » du Japon sur le marché des changes, analyse Lee Hardman, de MUFG, car la Première ministre Sanae Takaichi a indiqué être prête à « prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les mouvements spéculatifs et hautement anormaux » du yen.
AFP