L’armée de l’air nigériane se basera sur des renseignements fournis par des vols de reconnaissance américains pour mener ses propres frappes dans sa lutte contre les jihadistes, après les récents bombardements américains dans le nord-ouest, a déclaré mardi à l’AFP un responsable nigérian proche du dossier.
Selon Abuja et Washington, les frappes américaines le jour de Noël ont atteint des combattants jihadistes liés au groupe Etat islamique (EI), faisant plusieurs victimes dans l’État de Sokoto.
Bien qu’Abuja reste ouverte à de nouvelles frappes américaines, les avions de chasse nigérians s’appuieront désormais sur les vols de reconnaissance américains pour mener leurs propres frappes aériennes, dans le cadre d’un nouvel accord de sécurité avec Washington, a précisé mardi le responsable nigérian.
Le pays le plus peuplé d’Afrique lutte contre une insurrection jihadiste depuis 2009, principalement concentrée dans le nord-est du pays, tandis que des bandes armées appelées localement des « bandits » se déploient dans de vastes zones rurales du nord-ouest et du centre-nord.
Les frappes américaines ont eu lieu après une offensive diplomatique lancée en octobre, au cours de laquelle le président américain Donald Trump a accusé des groupes armés nigériens de persécuter et de commettre un génocide contre les chrétiens, des accusations démenties par Abuja et des analystes indépendants.
Quelques jours avant les frappes, le ministre nigérian de l’Information avait déclaré que le différend avait été résolu, « aboutissant à un partenariat renforcé entre les Etats-Unis et le Nigeria ».
Pendant les semaines précédant les frappes, des analystes avaient constaté une augmentation des vols de reconnaissance américains au-dessus du Nigeria. Ces vols de reconnaissance se sont poursuivis depuis.
Le New York Times, citant des responsables anonymes du Pentagone, a récemment rapporté que les frappes américaines étaient un événement ponctuel.
AFP