La famine à Gaza est terminée, mais la majorité de la population de la bande reste confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire, a indiqué vendredi l’ONU.
Néanmoins, la majorité de la population de la bande de Gaza reste « confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire » et la situation reste « critique » en dépit d’un « meilleur accès pour les livraisons alimentaires humanitaires et commerciales ». « Toute la bande de Gaza est classée en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) jusqu’à la mi-avril 2026. Aucune zone n’est classée en situation de famine (phase 5 de l’IPC) », précise l’organisme onusien.
Selon les prévisions de l’IPC portant sur la période 1er décembre – 15 avril 2026, « la situation devrait rester grave, avec environ 1,6 million de personnes toujours confrontées à une insécurité alimentaire de niveau +crise+ ou pire (phase 3 ou supérieure de l’IPC) ». « Face à des preuves accablantes et sans équivoque, même l’IPC a dû admettre qu’il n’y avait pas de famine à Gaza. Pourtant, le rapport de l’IPC est une fois de plus délibérément déformé et ne reflète pas la réalité dans la bande de Gaza », a réagi sur X Oren Marmorstein, un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.
« Il ignore le volume considérable d’aide qui entre dans la bande, car il s’appuie principalement sur les données relatives aux camions de l’ONU, qui ne représentent que 20 % de tous les camions d’aide », a ajouté le porte-parole. La malnutrition n’est pas le seul problème à Gaza, souligne l’IPC car « l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène est très limité » aussi et « les conditions de vie dans des logements surpeuplés augmentent le risque d’épidémies ».
En outre, « plus de 96% des terres agricoles de la bande de Gaza sont endommagées ou inaccessibles, voire les deux ». « Le bétail a été décimé et les activités de pêche restent interdites. Une grande partie des infrastructures essentielles à la circulation et au stockage des importations alimentaires a été gravement endommagée ou détruite. L’argent liquide est rare et le taux de chômage atteint 80%, précise l’IPC.
« La famine à Gaza atteint encore des niveaux effroyables qui pourraient être évités », a dénoncé pour sa part Oxfam France. « Israël autorise beaucoup trop peu d’aide à rentrer et continue de bloquer activement les demandes de dizaines d’organisations humanitaires reconnues », ajoute l’ONG dans un communiqué.
En août dernier l’IPC avait proclamé la famine à Gaza, la première à toucher le Moyen-Orient, s’attirant l’ire d’Israël qui avait dénoncé une annonce « fondée sur les mensonges du Hamas ».
AFP