Sur la défensive face à une série d’affaires de harcèlement sexuel qui ébranlent l’exécutif, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a assuré lundi que son gouvernement et le Parti socialiste au pouvoir étaient le seul défenseur du féminisme en Espagne.
M. Sánchez s’est aussi attaché à défendre son gouvernement et son parti sur un autre thème délicat, celui de la corruption, un domaine dans lequel l’image du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et de l’exécutif, mais aussi l’image personnelle du Premier ministre, ont subi des coups très rudes en raison d’une accumulation de scandales.
Certains de ces scandales de corruption affectent l’entourage personnel de M. Sánchez, en l’occurrence sa femme et son frère. Signe de la gravité de sa situation politique, M. Sánchez a démarré directement sa conférence de presse pour aborder ces deux sujets, admettant qu’ils étaient « dans l’esprit de l’opinion publique ».
« Comme tout le monde, nous avons commis des erreurs », a-t-il admis, « mais tous les progrès en matière d’égalité entre hommes et femmes ont toujours été atteints sous des gouvernements progressistes », a-t-il poursuivi. « Nous n’allons pas accepter des leçons de ceux qui votent contre ces progrès », a ajouté M. Sánchez dans une référence aux attaques de l’opposition de droite et d’extrême droite, qui accusent la gauche de faire preuve d’hypocrise vis-à-vis des femmes et du féminisme.
Cette déclaration de M. Sánchez est sa défense la plus vigoureuse depuis l’émergence quasi-quotidienne d’affaires de harcèlement sexuel au sein du Parti socialiste, une situation qui a amené le quotidien madrilène El País à titrer ce weekend que « le gouvernement de Sánchez (traverse) ses heures les plus critiques ».
Ces scandales de harcèlement sexuel sont d’autant plus embarrassants pour le chef du gouvernement qu’il a bâti toute sa carrière politique en se proclamant le champion de l’égalité entre femmes et hommes. Il affirme ainsi souvent que son gouvernement est « le plus féministe » de toute l’Histoire de l’Espagne.
Parmi les affaires qui ont surgi ces dernières semaines, l’une concerne un proche collaborateur de M. Sánchez à La Moncloa, le siège de la présidence du gouvernement, Francisco Salazar, qui a été écarté il y a plusieurs mois en raison de « comportements inappropriés » à caractère sexuel. L’affaire a vraiment éclaté au grand jour lorsque des plaignantes ont assuré à la presse il y a quelques jours n’avoir jamais été contactées par le Parti socialiste pendant des mois, malgré le signalement qu’elles avaient effectué contre M. Salazar.
AFP