Plaidoyer pour une justice capable de transformer les avoirs criminels “en ressources utiles”

Le directeur général de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC), Mor Ndiaye, a assuré mercredi de la détermination du Sénégal à asseoir une justice capable de transformer les avoirs criminels en ressources utiles pour la collectivité.

“Le Sénégal demeure fermement engagé à impulser une dynamique nouvelle, plus proactive, plus intégrée et résolument tournée vers l’efficacité de la coopération internationale aux fins de recouvrement des avoirs criminels”, a-t-il déclaré. M. Ndiaye, également président en exercice du Réseau inter-agences de recouvrement des avoirs pour l’Afrique de l’Ouest (ARINWA, en anglais), présidait la 12ᵉ Assemblée générale annuelle dudit réseau.

“La création de l’ONRAC et la mise en place d’un pôle judiciaire spécialisé en 2024 traduisent la vision résolue du Sénégal, celle d’une justice moderne, proactive et capable de transformer les avoirs criminels en ressources utiles pour la collectivité”, a-t-il assuré. Il a indiqué que le renforcement du combat pour le recouvrement des avoirs criminels est “l’un des leviers les plus puissants” pour “affaiblir durablement” les organisations criminelles.

Il a souligné que l’ARINWA constitue désormais “un instrument majeur” de coopération et d’échange d’informations dans un contexte marqué une évolution rapide de la criminalité transnationale dans toutes ses formes. “Trafic de stupéfiants, corruption, détournement des deniers publics, blanchiment d’argent, flux financiers illicites, cybercriminalité, fraude fiscale, traite des personnes, la confiscation des instruments et produits s’impose plus que jamais donc comme une priorité”, a estimé Mor Ndiaye.

De plus, le Réseau inter-agences de recouvrement des avoirs pour l’Afrique de l’Ouest représente “un espace indispensable” pour renforcer l’entraide opérationnelle, accélérer les échanges d’informations, a-t-il relevé. L’ARIWA contribue aussi à homogénéiser les pratiques, mutualiser les compétences techniques et promouvoir une approche régionale cohérente face aux menaces transfrontalières, a ajouté M. Ndiaye. Les travaux de cette Assemblée générale vont s’étendre sur trois jours, en vue d’examiner des questions structurantes, de faire la revue des activités de l’année qui se termine et de partager les bonnes pratiques et la définition d’une “feuille de route ambitieuse” pour 2026.

Mor Ndiaye a rappelé que depuis janvier 2025, le Sénégal assure la présidence en exercice du Réseau inter-agences de recouvrement des avoirs pour l’Afrique de l’Ouest, pour une durée de deux ans. “Cette responsabilité témoigne de la confiance placée dans notre pays, et nous rappelle notre engagement à consolider la coopération internationale opérationnelle, en matière de détection et d’identification des avoirs criminels situés à l’étranger, aux fins de recouvrement”, a-t-il indiqué.

Il a révélé que durant l’année écoulée, le Sénégal a procédé à un recouvrement des avoirs estimé à plus de 42 milliards de francs CFA, dans le cadre des missions conduites par l’Office national de recouvrement des avoirs criminels. “La lutte contre la criminalité financière requiert un dispositif juridique et institutionnel conforme aux standards internationaux, dans sa conception comme dans l’identification de son objectif majeur”, a de son côté souligné Stéphanie Berthomeau, coordonnatrice du Projet SecFin Africa.

Le projet SecFin Africa promeut des flux financiers sécurisés, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sur le continent africain. Selon Mme Bertthomeau, la pratique et les résultats des évaluations mutuelles des États membres montrent que le blanchiment de capitaux ne se réalise pas toujours sur le territoire où se commet l’infraction ayant généré le produit.

“La coopération est absolument essentielle, et aucun pays ne peut relever ces défis seul”, a déclaré Nina Neubeckr, première secrétaire à l’ambassade d’Allemagne au Sénégal. Elle a signalé que depuis 2022, l’Allemagne a engagé environ 88 millions d’euros, soit plus de 57 milliards de francs CFA, pour lutter contre les flux financiers illicites au niveau multilatéral, régional et national en Afrique.

APS

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