En cette journée de recueillement, dix ans après que l’horreur a frappé au cœur de Paris et Saint-Denis, notre Nation s’incline devant la mémoire des 132 vies fauchées et des centaines de blessés.
Ces femmes et ces hommes, arrachés à l’affection de leurs proches dans la soirée tragique du 13 novembre 2015, n’étaient pas des symboles ou des cibles. Ils étaient la vie même, dans ce qu’elle a de plus vibrant : des amis attablés aux terrasses, des passionnés de musique, des spectateurs de sport, des âmes réunies pour partager un moment de joie simple. Ils étaient le visage de notre jeunesse, de notre diversité, de notre insouciance, le cœur battant de la France que la haine cherchait à éteindre.
La lumière au-delà de l’obscurité
Dix ans après, nous ne revenons pas sur ces lieux uniquement pour nous souvenir de la violence, mais pour célébrer, avec force et détermination, l’esprit qui a refusé de céder. Nous nous souvenons de l’héroïsme des citoyens, des soignants, des secouristes, des policiers et des sapeurs-pompiers dont l’intervention rapide et le sang-froid ont sauvé des vies. Nous honorons la dignité inébranlable des rescapés et des familles, qui ont traversé une épreuve inimaginable, transformant leur douleur en un combat pour la vérité, la justice et la mémoire. Leur courage n’est pas une simple leçon du passé ; il est notre feuille de route pour l’avenir.
Un héritage de vie et de résilience
Face à l’obscurantisme et à la barbarie, le meilleur hommage que nous puissions rendre aux victimes est de refuser que notre quotidien soit dicté par la peur. C’est de continuer à occuper les terrasses de café, à remplir les salles de concert, à partage nos cultures, avec la même ferveur, peut-être avec plus de conscience de la fragilité et de la préciosité de chaque instant.
Leur souvenir nous impose un serment républicain
Le serment de l’Unité est de ne jamais laisser la division ou le fanatisme fissurer le ciment de notre fraternité. Le serment de la Mémoire : transmettre l’histoire de ce jour, non pas comme une fatalité, mais comme la preuve que, même dans l’épreuve la plus sombre, la lumière de nos valeurs ne s’éteint jamais.
Le serment de la Vie : vivre pleinement, librement, et sans renoncer à ce que nous sommes.
Aujourd’hui, alors que les cloches sonnent et que le silence se fait sur les lieux marqués par le deuil, nous réaffirmons avec fierté : la Nation se souvient. Elle est debout. Et elle ne vous oubliera jamais.
Amadou SYLLA,
Président de SOS Casamance