L’Allemagne va investir « 35 milliards d’euros » d’ici 2030 dans la défense spatiale pour contrer les capacités militaires de la Russie et de la Chine dans l’espace, a annoncé jeudi le ministre allemand de la Défense.
« Nous mettons en place des structures au sein de la Bundeswehr afin de nous défendre et dissuader efficacement », a affirmé lors d’une conférence sur cette thématique Boris Pistorius.
Accusant la Russie et la Chine d’avoir « rapidement développé leurs capacités à mener une guerre dans l’espace », il a rappelé que l’invasion russe de l’Ukraine et la guerre que Moscou y mène depuis trois ans constituent un tournant pour la sécurité du camp occidental.
Les pays occidentaux et leurs rivaux chinois et russes s’accusent mutuellement de chercher à militariser l’espace, nourrissant le risque d’un affrontement et d’une course à l’armement dans le cosmos, secteur qui pendant des décennies était plutôt un domaine de coopération pacifique.
Donald Trump a ainsi annoncé cette année vouloir bâtir un système anti-missile futuriste, baptisé Dôme d’or, et que la Russie considère comme une tentative de relancer le projet « guerre des étoiles » du président Ronald Reagan dans les années 1980.
Moscou et Pékin sont eux accusés d’avoir développé et testé des armes anti-satellitaires offensives.
Côté allemand, les investissements de 35 milliards d’euros doivent servir à protéger les systèmes satellitaires et terrestres ou encore à constituer des moyens de transport spatiaux propres. Mais il est aussi question de systèmes offensifs, selon M. Pistorius.
« Nous devons créer des redondances grâce à plusieurs constellations de satellites interconnectées et discuter aussi de capacités offensives. Dans l’espace aussi, nous devons être en mesure de dissuader afin d’être en mesure de nous défendre », a-t-il insisté, car selon lui la Russie et la Chine contrôlent déjà des hauteurs « stratégiques dans l’espace ».
D’après M. Pistorius, l’architecture de la défense spatiale allemande doit être un « pilier solide » au sein de l’Otan, que Moscou considère comme un ennemi existentiel.
Avec l’arrivée à la chancellerie du conservateur Friedrich Merz, l’Allemagne, malgré ses difficultés économiques, vise à devenir le fer de lance du réarmement de l’Europe, compte-tenu de la menace russe et du désengagement américain.
AFP