La France et plusieurs autres pays doivent reconnaître lundi l’État de Palestine, tentant de mettre un peu plus la pression sur Israël à l’ouverture de la grande-messe annuelle de l’ONU à New York, qui sera dominée par la guerre à Gaza.
Avant même cette réunion à l’ONU, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal ont formellement reconnu dimanche l’État palestinien.
Cela porte désormais à au moins 145, sur 193 Etats membres de l’ONU, le nombre de pays ayant franchi le pas, selon le décompte de l’AFP. Cela ne change pas le statut d’observateur des Palestiniens à l’ONU, dont l’adhésion pleine et entière a été bloquée par les Etats-Unis.
Plusieurs autres pays devraient rejoindre le mouvement lundi avec, outre la France, Andorre, Belgique, Luxembourg, Malte et Saint-Marin, selon la présidence française.
L’Allemagne de son côté ne l’envisage pas à court terme. « La reconnaissance d’un Etat palestinien se situe plutôt à la fin du processus. Mais un tel processus doit commencer dès maintenant », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, avant son départ pour New York.
– « Effacement » des Palestiniens –
Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui doit s’exprimer par vidéo après avoir été privé de visa par les Etats-Unis, salue les nouvelles reconnaissances comme « un pas important et nécessaire vers la concrétisation d’une paix juste et durable ».
Mais certains diplomates craignent des représailles israéliennes.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répété dimanche qu’il n’y aurait pas d’État palestinien et a menacé d’étendre la colonisation en Cisjordanie, tandis que deux ministres israéliens d’extrême droite, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, appelaient à l’annexion de ce territoire palestinien occupé.
Mais « nous ne devons pas nous sentir intimidés par le risque de représailles, parce que, quoi que nous fassions, ces actions vont continuer », a insisté le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres dans un entretien à l’AFP, en référence à la guerre à Gaza et à « l’annexion insidieuse de la Cisjordanie ».
Dans ce contexte, le discours de Benjamin Netanyahu à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU vendredi est très attendu, tout comme celui de Donald Trump mardi. Les Etats-Unis, principal allié d’Israël, se sont clairement opposés à ce processus de reconnaissance, ne jugeant pas l’Autorité palestinienne comme un partenaire crédible pour la paix.
Le département d’Etat a même prévu dimanche des annonces « pour la galerie », disant « privilégier une diplomatie sérieuse ».
Pour Max Rodenbeck, de l’International Crisis Group, tout effort diplomatique pour soutenir les droits des Palestiniens est « bienvenu », mais sans « mesures concrètes », ces reconnaissances risquent de « détraire de la réalité, qui est l’effacement accéléré de la vie des Palestiniens sur leur terre natale ».
L’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël par le Hamas a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon des données officielles.
Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, les représailles israéliennes ont coûté la vie à 65.062 Palestiniens, en majorité des civils, dans la bande de Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007.
Si la guerre à Gaza risque d’éclipser de nombreuses autres crises à travers le monde à l’ONU, les négociations sur le nucléaire iranien seront également sur la table. Comme la guerre en Ukraine, avec une réunion d’urgence du Conseil de sécurité lundi sur l’incursion d’avions russes dans l’espace aérien de l’Estonie.
AFP