Deux sites miniers sur la quinzaine recensée dans la région de Ziguinchor (sud) sont dûment autorisés, a révélé, jeudi, Daniel Ngom, directeur régional de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, déplorant une méconnaissance généralisée de la législation minière. « La région de Ziguinchor ne compte actuellement que deux sites miniers dûment autorisés sur une quinzaine de sites recensés », a déclaré le directeur régional de l’Énergie, du Pétrole et des Mine.
M. Ngom s’exprimait en marge d’un atelier de sensibilisation organisé à Ziguinchor, en présence des autorités administratives, des chefs de service, des élus territoriaux et des acteurs de développement. Il a précisé que cette rencontre s’inscrit dans un processus national de réforme engagé par le ministre de tutelle, Birame Souleye Diop, et articulé autour de trois étapes : un état des lieux, une campagne de sensibilisation, et enfin la régularisation des irrégularités constatées. « Deux audits ont été réalisés au niveau national : l’un sur les titres miniers, l’autre sur les sites physiques en exploitation. Résultat : 94 % des titres examinés ne sont pas conformes à la réglementation, et sur 828 sites visités, 288 sont exploités de manière clandestine », a indiqué M. Ngom.
Selon lui, la situation à Ziguinchor illustre bien les conséquences d’une exploitation minière non encadrée, avec des impacts multiples : dégradation de l’environnement, insécurité sur les sites, pertes fiscales importantes et risques pour les populations riveraines. « Il y a eu des cas de noyades à Enampore, une commune de Ziguinchor, ainsi qu’une perturbation sérieuse de la biodiversité. Ces effets sont directement liés à l’absence de régulation et de contrôle », a-t-il ajouté.
Les autorités rappellent que la loi minière prévoit trois types de taxes : les droits d’entrée à l’obtention de l’autorisation, la taxe superficielle liée à certains permis, et la redevance minière, fixée à 500 FCFA/m³ pour la latérite et 300 FCFA/m³ pour le sable.
Prenant part à la rencontre, Chérif Diallo, secrétaire général du regroupement des exploitants de carrières de Ziguinchor, a salué une réunion « historique », en ce qu’elle regroupe l’ensemble des services concernés. « Nous n’avons pas de véritables carrières à Ziguinchor. Ce sont de petits lopins de terre, souvent inférieurs à 5 000 m², que des propriétaires nous prêtent. Nous les exploitons à faible profondeur, pendant à peine trois mois, sans aucun encadrement », a-t-il déclaré.
M. Diallo a plaidé pour un accompagnement institutionnel en vue de la création de carrières réglementaires, conformes à la législation, afin de garantir la sécurité des travailleurs, la protection de l’environnement, et la disponibilité de matériaux de qualité pour répondre aux besoins croissants de la région.
« Ziguinchor se développe rapidement. La demande en sable et en matériaux de construction augmente fortement. Il nous faut des sites fiables et bien encadrés pour y faire face », a-t-il conclu.
Cet atelier s’inscrit dans une dynamique nationale de réforme du secteur minier, pilotée par le Directeur général des Mines, Ibrahima Gassama, avec l’implication des services techniques déconcentrés de l’État.
APS