Le prochain Forum Galien Afrique, dont le thème général va porter sur la souveraineté sanitaire, s’inscrit dans une tendance générale qui voudrait que sans indépendance, il n’est pas possible d’avancer, a indiqué à l’APS la présidente dudit forum, professeur Awa Marie Coll Seck.
“Nous ne pouvons pas continuer à être tributaires des autres pays et des autres continents”, a-t-elle dit, en parlant de la huitième édition du Forum Galien Afrique, prévue du 28 au 31 octobre prochains, sur le thème général “Souveraineté sanitaire : un impératif pour l’Afrique”.
La présidente du Forum Galien Afrique effectuait une visite à l’APS, mercredi, en prélude à cet évènement qui va réunir des experts, des leaders politiques, des médecins, des socio-anthropologues, des investisseurs, des organisations internationales, des représentants de la société et du secteur privé.
“Le terme ‘souveraineté’ revient maintenant partout. Les pays les moins avancés considèrent que les choses ne peuvent continuer comme ça et qu’on a eu trop d’exemples qui nous ont montré que si on n’a pas cette indépendance, cette autonomie, on n’avance pas”, a-t-elle déclaré.
Pour Awa Marie Coll Seck, le Forum Galien Afrique “est une plateforme d’échange et de réflexion stratégique, indispensable pour renforcer la capacité de l’Afrique à répondre de manière autonome aux défis sanitaires actuels et futurs”.
“En réunissant divers acteurs autour d’un objectif commun, cet événement contribuera à impulser une dynamique de transformation durable des systèmes de santé africains”, a souligné la spécialiste.
Elle a fait observer que “la pandémie COVID 19 a été comme une gifle que tout le monde a reçue. On a vu que l’information sanitaire doit circuler parce qu’il y avait que les scientifiques qui parlaient”.
“Quand il a fallu aller vers le vaccin, je dirais même les produits, on s’est rendu compte qu’on n’avait même pas une usine pour fabriquer les masques. Or, a-t-elle ajouté, c’est des choses qui peuvent être faites dans nos pays”.
Elle a rappelé que “le marché mondial était d’abord pour les pays du Nord car on a vu des avions [de vaccins] détournés. Si ce n’était pas l’Alliance Gavi [une initiative mondiale pour les vaccins et l’immunisation], on n’aurait pas les vaccins […]”.
Awa Marie Coll Seck a toutefois reconnu qu’il y a quand même des pays africains qui sont en bonne voie avec une industrie pharmaceutique qui naît, avant de plaider pour une souveraineté dans la recherche, parce que “les stratégies de santé sont liées à nos réalités”. Une donnée à prendre en compte à ses yeux, “si nous voulons être souverains”.
Plus de 2000 participants sont attendus à cette 8e édition du Forum Galien Afrique, dont des décideurs politiques, des ministres de la Santé, des récipiendaires, des experts et chercheurs en santé publique.
Il y aura aussi des acteurs du secteur privé, présents notamment dans la production pharmaceutique, la pharmacopée traditionnelle et les technologies de santé, lit-on dans un document remis à l’APS.
Trois forums dont celui des jeunes et des femmes sont au menu de cette édition au cours de laquelle une trentaine de femmes connues pour leurs interventions dans le Forum Galien, vont être honorées.
Un forum scientifique est également au programme de la rencontre. Le Prix Galien, décerné depuis plus de 50 ans, se positionne comme l’équivalent du Prix Nobel en matière d’innovation pharmaceutique. La première édition a eu lieu en décembre 2018 à Dakar.