François Provost, un proche et discret conseiller de Luca de Meo, a été choisi mercredi par le conseil d’administration de Renault pour lui succéder comme directeur général du groupe automobile français.
Agé de 57 ans, cet ingénieur français travaille pour Renault depuis 2002. Il était devenu directeur des achats, des partenariats et des affaires publiques du groupe. Renault a félicité dans un communiqué cet homme qui « dispose des qualités requises pour poursuivre et accélérer la transformation » du groupe.
François Provost avait notamment piloté le plan de transformation baptisé « Renaulution » pour l’ex-directeur général Luca de Meo, parti à la surprise générale pour diriger le géant français du luxe Kering. Ce plan a sorti le groupe de l’ornière, en l’orientant vers des véhicules plus haut de gamme et plus rentables, l’assainissant et l’amaigrissant, mais lui laissant encore plusieurs faiblesses.
Renault est notamment devenu un constructeur automobile de taille moyenne et très européen, alors que le marché de ce secteur est déprimé sur ce continent. Le groupe a revu en baisse mi-juillet ses prévisions financières pour l’année 2025 et a annoncé un renforcement de son plan de réduction des coûts, qui fait déjà frémir les syndicats.
L’un d’eux a d’ailleurs exprimé son « inquiétude » face à la nomination du nouveau directeur général. Renault a planifié plusieurs lancements en Amérique latine et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Inde, mais il sera confronté à une concurrence acharnée.
François Provost devra également composer avec les nombreux partenariats qu’il a participé à forger: Google, le constructeur automobile chinois Geely (aussi propriétaire de Volvo Cars) ou le géant pétrolier saoudien Aramco. Il a aussi joué un rôle essentiel dans le détricotage de « l’Alliance » nouée avec le constructeur automobile japonais Nissan, ex-partenaire commercial et technologique de Renault. Après sa nomination, François Provost a assuré que le groupe disposait de « fondamentaux solides », qui « seront précieux pour accélérer (sa) transformation dans un contexte de plus en plus exigeant ».
L’Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, « compte sur lui pour poursuivre la transformation du constructeur, en continuant de développer son empreinte industrielle en France », a indiqué le ministre de l’Economie, Eric Lombard, dans un communiqué. Et pour « porter une politique ambitieuse de préférence européenne », y a ajouté son homologue à l’Industrie Marc Ferracci.
Le nouveau directeur général de Renault connaît bien les arcanes de l’Etat français, lui qui a débuté sa carrière dans la haute fonction publique, puis est devenu conseiller du ministre de la Défense entre 1999 et 2002, avant de rejoindre Renault.
(Afp)