Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a fustigé vendredi le manque d' »humanité » et de « compassion » pour les Palestiniens de la bande de Gaza, qui traverse non seulement une crise humanitaire mais aussi « une crise morale qui défie la conscience mondiale ».
« Depuis le début, j’ai condamné de façon répétée les horribles attaques du Hamas du 7-Octobre. Mais rien ne peut justifier l’explosion de morts et de destruction que nous avons vue depuis. L’ampleur et la portée sont au-delà de tout ce que nous avons vu dans l’histoire récente », a-t-il déclaré lors d’une intervention par vidéo lors de l’assemblée d’Amnesty International.
« Je ne peux pas expliquer le niveau d’indifférence et d’inaction que nous constatons chez trop de personnes dans la communauté internationale. Le manque de compassion. Le manque de vérité. Le manque d’humanité », a-t-il lancé.
« Les enfants disent vouloir aller au paradis, parce qu’au moins, disent-ils, il y a à manger là-bas », a ajouté le secrétaire général. « Ce n’est pas seulement une crise humanitaire. C’est une crise morale qui défie la conscience mondiale. Nous continuerons à nous exprimer à chaque occasion. Mais les mots ne nourrissent pas les enfants qui ont faim. »
« Nos employés héroïques continuent de faire leur travail dans des conditions inimaginables. Beaucoup d’entre eux sont tellement anesthésiés et épuisés qu’ils disent qu’ils ne se sentent ni morts ni vivants », a-t-il également décrit. « Nous avons des appels vidéo avec nos propres humanitaires qui meurent de faim sous nos yeux. »
Il a également dénoncé la mort de « plus de 1.000 Palestiniens tués en tentant de chercher à manger » depuis le 27 mai, lorsque la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), avec laquelle l’Onu refuse de travailler, a commencé à fonctionner. « Nous avons besoin d’action. D’un cessez-le-feu immédiat et permanent. De la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages. D’un accès humanitaire immédiat et sans entrave », a-t-il plaidé, assurant que l’Onu était prête, en cas de cessez-le-feu, à augmenter « radicalement » ses opérations humanitaires.
La présidente du Comité international de la Croix-Rouge Mirjana Spoljaric a elle aussi appelé vendredi à une « action collective urgente ». « Il n’y a aucune excuse pour ce qui se passe à Gaza. L’ampleur de la souffrance humaine et le dépouillement de la dignité humaine dépasse depuis longtemps tout ce qui est acceptable, au point de vue légal et moral », a-t-elle insisté dans un communiqué.
« Cette tragédie doit prendre fin maintenant, immédiatement et fermement. Toute hésitation politique, chaque tentative de justification des horreurs commises sous les yeux de la communauté internationale seront à jamais jugées comme un échec collectif à préserver l’humanité de la guerre », a-t-elle ajouté, évoquant les 350 membres du CICR à Gaza dont beaucoup « luttent aussi pour trouver assez de nourriture et d’eau potable ». (Afp)