Des fils qui se touchent, des larmes qui coulent et un maillot jaune un peu plus dans l’Histoire: faits marquants de la 19e étape du Tour de France remportée par le Néerlandais Thymen Arensman vendredi à La Plagne.
LE CHIFFRE DU JOUR
En endossant le 52e maillot jaune de sa carrière, Tadej Pogacar égale le quintuple vainqueur du Tour, Jacques Anquetil, qu’il devrait dépasser dès samedi. Sa prochaine cible est Chris Froome (59). Viennent ensuite Miguel Indurain (60), Bernard Hinault (79) et le sans doute inaccessible Eddy Merckx (111).
LES LARMES DU JOUR
Effondré dans les barrières quelques mètres après la ligne qu’il venait de franchir en vainqueur, Thymen Arensman a éclaté en larmes pendant qu’un assistant le recouvrait d’une veste de pluie. Au bout de trente secondes de sanglots, le Néerlandais appuie sur son bouton radio et dit à son équipe: « Qu’est-ce que je viens de faire putain », avant de se relever avec difficulté, terrassé par l’effort.
LE SPRINTEUR DU JOUR
Avant de finir avec le gruppetto, le maillot vert Jonathan Milan a remporté son septième sprint intermédiaire depuis le départ et se rapproche un peu plus de la victoire finale au classement par points. L’Italien compte désormais 352 points devant les 272 de Pogacar. Ce dernier est lui bien parti pour remporter le classement de la montagne avec 117 points contre 104 à Jonas Vingegaard. Lenny Martinez a passé le col du Pré en tête vendredi mais a ensuite craqué et ne peut mathématiquement plus ramener le maillot à pois à Paris, comme l’avait réussi son grand-père Mariano en 1978.
LE COURT-CIRCUIT DU JOUR
« Je sais pas, j’ai deux fils qui se sont touchés on va dire », s’est marré Jordan Jegat sur les hauteurs de La Plagne. Il l’avait pourtant dit la veille, le visage marqué par une journée terrible on ne risquait pas de le voir à l’avant vendredi. « Demain je vais rester dans les roues, j’attaquerai pas, là je suis traumatisé », avait assuré le grimpeur de la TotalEnergies. Il faisait pourtant partie d’un des premiers coups du jour lors de cette dernière étape alpestre, avant d’être rapidement repris. « Les collègues m’ont très bien placé au pied, les jambes étaient finalement bonnes donc j’ai suivi des coups », a-t-il expliqué, alors que c’est un des attaquants du jour, Thymen Arensman, qui l’a emporté. « Quand j’y vais, ça marche pas, quand j’y vais pas, ça marche », a résumé Jegat, fataliste malgré sa 11e place au général.
LE TRIPLÉ DU JOUR
Si Tadej Pogacar semble s’ennuyer et ne pas forcer le destin pour décrocher de nouvelles victoires sur ce Tour de France, le reste de son équipe continue de martyriser le circuit mondial. Lors de l’Ordiziako Klasika, courue au Pays Basque vendredi, les UAE ont signé un triplé, avec le local du jour, Igor Arrieta, dans le rôle du vainqueur. Le Mexicain Isaac Del Toro, deuxième du Giro et déjà vainqueur du Tour d’Autriche début juillet, prend la deuxième place devant le Portugais António Morgado, les trois hommes ayant entre 21 et 22 ans. L’équipe émiratie en est à 67 victoires cette année, dont cinq sur ce Tour de France, avant le triomphe final plus que probable du Slovène à Paris dimanche.
LA TACTIQUE DU JOUR
« Trek a écrit sa tactique dans le groupe WhatsApp, apparemment ils vont emmener le peloton jusqu’au sprint. » Avec un sprint intermédiaire placé 12 km après le départ de l’étape, le maillot vert Jonathan Milan avait l’ambition d’aller chasser les points avant d’intégrer le gruppetto. Pour éviter les attaques d’autres coureurs souhaitant prendre l’échappée de bonne heure dans cette étape raccourcie, la formation Lidl-Trek a placé d’entrée tous ses hommes à l’avant. Mais pour assurer le coup, les directeurs sportifs ont aussi fait passer le message par WhatsApp aux autres équipes comme l’a signalé la formation EF-Education à ses coureurs par la radio. (Afp)