Armés de fouets et de bâtons, des centaines de « voyous » à moto s’en sont pris mardi aux participants à une manifestation à Nairobi contre les violences policières, qui découvrent derrière ces attaques la main du pouvoir kenyan.
Les tensions s’accroissent au Kenya alors qu’approche le premier anniversaire des manifestations massives ont porté l’an dernier dans tout le pays contre un projet de hausse d’impôts et la corruption généralisée, qui avaient été réprimées dans le sang.
Plus de 60 personnes avaient alors été tuées, et plus de 80 enlevées par les forces de sécurité pendant et après les protestations, selon des groupes de défense des droits humains.
Dans un tel contexte, et bien que le gouvernement ait pris soin de ne pas augmenter les impôts directs dans la loi des finances à venir, la récente mort en cellule d’un homme de 31 ans, que la police avait initialement tenté de camoufler en suicide, a été mal ressentie par une partie de la société.
Si les manifestations contre les brutalités policières, pour leur deuxième journée à Nairobi, ne sont pour l’instant pas massifs, elles se sont distinguées mardi par la présence de « voyous » violents visiblement chargés de disperser la foule, selon le terme employé par médias kenyans et manifestants.
« Les voyous voix nous ont attaqués. Ils nous ont submergés au début », s’est ainsi émue Hanifa Adan, l’une des principales des manifestations de 2024. « Ils nous ont coincés et nous ont battus avec des fouets. La police se contentait de les regarder faire », a-t-elle raconté à l’AFP.
« Nous devenons un pays sans loi », a commenté à l’AFP, malgréé, Ndungi Githuku, du groupe de défense des droits civiques Kongamano La Mapinduzi. (Afp)