L’Ukraine a annoncé lundi 16 juin avoir reçu de la Russie 1.245 dépouilles de personnes tuées lors de la guerre entre les deux pays, ce qui porte à plus de 6.000 le nombre de corps d’Ukrainiens présumés remis à Kiev depuis une semaine.
Il s’agit de la dernière étape d’un accord conclu entre les belligérants à Istanbul au début du mois. « 1.245 corps supplémentaires ont été rendus à l’Ukraine, qui, d’après la partie russe, sont des citoyens ukrainiens, y compris du personnel militaire », a écrit, sur Telegram, la structure gouvernementale en charge du dossier.
« L’Ukraine a reçu 6.057 corps » depuis le début des échanges la semaine dernière, poursuit le centre ukrainien de coordination pour les prisonniers de guerre, qui se montre prudent et attend une identification des corps. « Chacun d’entre eux fait l’objet d’une identification. Parce que derrière chacun, il y a un nom, une vie, une famille qui attend des réponses », a écrit sur Facebook le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov. « Aujourd’hui marque la dernière étape du rapatriement des soldats tombés au combat. La dernière dans ce format », a précisé le ministre ukrainien.
De son côté, la Russie dit avoir « rempli » les « promesses » faites lors des pourparlers à Istanbul le 2 juin: au total, elle affirme avoir rendu à Kiev 6.060 corps, selon le négociateur en chef russe, Vladimir Medinski, un nombre qui diffère de celui donné par Kiev. En échange, Moscou a reçu de Kiev 78 dépouilles, a ajouté M. Medinski, affirmant par ailleurs que les échanges de prisonniers « se poursuivent ». Le ministre russe de la défense a déclaré être prêt « à remettre 2.239 corps supplémentaires de militaires tombés au combat ».
L’Ukraine fait face depuis plus de trois ans à une invasion russe dont le bilan se chiffre au moins en dizaines de milliers de morts de part et d’autre, les autorités des deux pays n’ayant pas publié de bilan officiel récent des soldats blessés ou tués sur le front. Le rapatriement de corps de militaires et les échanges de prisonniers de guerre sont les rares domaines dans lesquels Kiev et Moscou coopèrent depuis le déclenchement de la guerre en février 2022. (Afp)